Acupuncture expérimentale et stress
Jean-Marc Stéphan
Depuis qu'Hans Selye a établi le concept du « stress » au
début des années 1940, on sait que l'organisme réagit aux
différents types d'agressions physiques, psychiques ou environnementales,
survenant sur un mode aigu ou chronique, en mettant en jeu ses propres moyens
de défense (voir figure 1). L’acupuncture a une action non négligeable
sur le stress. Ainsi, dans un essai clinique randomisé, l’équipe
de Fassoulaki avait objectivé chez 25 patients que le point HM1 (yintang)
le réduisait de manière statistiquement significative [ ]. Dans
un autre ECR tout récent, le même point yintang était stimulé
avec succès chez les parents (p=0,03) dont l’anxiété
était produite par l’attente de la chirurgie chez leurs enfants
[ ]. L’action de l’acupuncture sur le stress permet de réduire
l’activité du système nerveux sympathique et de ses cathécolamines
[ ]. Nous allons voir que cela ne se résume pas qu’à cet
unique effet.
Figure 1. Principales actions du stress sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, le système immunitaire et l’inflammation

Action de l’acupuncture sur l’axe neuro-endocrinien
En 1980, Liao et coll. ont montré chez le lapin exposé à
trois variétés de stress (stress d’immobilisation, exposition
à la chaleur ou au froid) que l’électroacupuncture appliqué
au point ES36 (zusanli) inhibait l’hypersécrétion des hormones
glucocorticoïdes (cortisol et corticostérone) [ ].
Chez le rat anesthésié, la stimulation électrique à
basse fréquence du zusanli (ES36) ou la stimulation thermique nociceptive
provoquée en immergeant la patte dans l'eau à 52°C entraîne
une expression de c-fos dans le lobe antérieur de la glande hypophysaire,
aussi bien qu'au niveau du noyau hypothalamique arqué et autres noyaux
voisins. Un stress d’immobilisation chez les rats non anesthésiés
déclenche une expression abondante des cellules c-fos immunoréactives
dans le noyau paraventriculaire hypothalamique. Les cellules pituitaires antérieures
qui répondent au stress sont également activées par l'acupuncture
[ ]. De ce fait, l’électroacupuncture utilisée chez le rat
stressé module l’activité de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien
[ , ].
Guimares et al. en 1997 montraient que l’acupuncture aux points ES36,
RM17, DU20, RP6, MC6 entraînait un effet anxiolytique chez le rat chez
qui on induisait un stress d’immobilisation de 60 minutes, en rapport
avec une diminution de 60% en moyenne (p<0,02) de la pression sanguine, du
rythme cardiaque et des niveaux plasmatiques de corticostérone, adrénaline
et noradrénaline [ ].
Chez des rats dont la dépression a été induite par un stress
chronique, on a observé les effets des points 20VG (baihui) et 6RA (sanyinjiao)
sur les taux plasmatiques du cortisol et de l'hormone ACTH. A été
aussi mesuré quantitativement le nombre des neurones à vasopressine
du noyau paraventriculaire hypothalamique (la vasopressine ou ADH est synthétisée
au niveau de l'hypothalamus, transportée puis stockée dans la
post-hypophyse qui la libère dans la circulation sanguine). Les résultats
montrent que les taux de cortisol et d’ACTH plasmatiques ainsi que le
nombre de neurones à vasopressine du noyau paraventriculaire hypothalamique
étaient évidemment plus élevés dans le groupe stress
que dans le groupe témoin, mais statistiquement abaissés dans
le groupe électroacupuncture par rapport au groupe stress sans acupuncture.
L’étude suggère que la régulation de l'hyperactivité
des fonctions de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien est un
des mécanismes du traitement de la dépression par électroacupuncture
[ ].
L'immobilisation forcée est un facteur simple et efficace de stress qui
entraîne une tachycardie, une hypertension artérielle et une élévation
plasmatique de la norépinéphrine (noradrénaline) et de
l'épinéphrine (adrénaline). Chez les rats mâles Sprague-Dawley,
l'électroacupuncture (3 hertz, 20 mA) des points 3CO (shaohai) et MC6
(neiguan) pendant 30 minutes après le début du stress d'immobilisation
(180 minutes) réduit de manière statistiquement significative
toutes les variables étudiées, en particulier l’adrénaline
et la noradrénaline 3 heures après le stress d’immobilisation.
L’électroacupuncture délivrée sur des non-points
(à la queue) ou aux points GI11 (quchi) et TR5 (waiguan) n’a aucun
effet [ ].
L'effet de l'EA sur l'expression de c-fos, le gène de réponse
précoce, a été étudié au niveau du système
nerveux central de rats soumis à un stress d'immobilisation. Le stress
d'immobilisation (180 minutes) produit préférentiellement une
augmentation significative du c-fos dans le noyau paraventriculaire hypothalamique
(PVN), le noyau arqué (ARN), le noyau supraoptique (SON), le noyau suprachiasmatique
(SCN), le noyau médial amygdaloïde (AME), le noyau du lit de la
strie terminale (BST), l’hippocampe, le septum latéral (LS), le
noyau accumbens et le locus coeruleus (LC). L’EA (3 hertz, 20 mA) sur
les points 3CO (shaohai) et 6MC (neiguan) pendant 30 minutes durant le stress,
atténue significativement l’expression de c-fos dans la région
parvocellulaire du PVN, SON, SCN, AME, LS et LC. Cependant, l’EA n’a
entraîné aucun effet sur l’expression c-fos dans la région
magnocellulaire du PVN, ARN, BST ou l’hippocampe. A noter que le PVN contient
deux types de cellules : - parvocellulaire médiale qui sécrète
la CRH ; parvocellulaire dorsale et ventriculaire possédant des neurones
se projetant vers le tronc cérébral et la moëlle épinière
(exercent un contrôle du système autonome), et certains neurones
sécrètent l’ocytocine et la vasopressine ; - cellules magnocellulaires
contrôlant la sécrétion l’ocytocine et la vasopressine
directement en rapport avec l’hypophyse postérieure. La stimulation
électroacupuncturale sur 3CO et sur 6MC a eu davantage d’effet
inhibiteur sur l’expression c-fos provoquée par le stress que l’EA
réalisée sur le TR5 et 11GI ou des non-acupoints [ ]. La figure
2 résume l’action de l’acupuncture sur l’axe neuro-endocrine.
Figure 2. Effets de l’acupuncture sur l’axe neuro-endocrine

Action de l’acupuncture sur le système gastro-intestinal
Chez des rats, une équipe russe a démontré que l’effet
de l’électroacupuncture était comparable à celui
de 2,5mg/kg de diazépam et entraînait une réduction significative
des érosions gastriques et de la réactivité au stress par
rapport au groupe témoin [ ].
Cinquante septs rats Sprague Dawley ont été soumis à des
stress associant 170 rotations/mn en étant lié ou un stress engendré
par l’exposition au froid (0-4 degrés C, 30-60 minutes). Les auteurs
ont utilisé les points d'acupuncture 36ES (zusanli) et 21 VE (weishu).
63,2% des rats stressés ont développé des lésions
de la muqueuse gastro-intestinale visualisées au microscope à
type d’hyperémie ou d’hémorragie réparties
sur 15,8 à 27,7% de la muqueuse. Dans le groupe acupuncture et stress,
16,7% des rats seulement ont objectivé des hémorragies ou de l'hyperémie
atteignant 1,7% de la muqueuse [ ].
Des rats Wistar ont été divisés en deux groupes, groupe
acupuncture et groupe contrôle. Par immersion et immobilisation dans l’eau,
on a induit un ulcère gastrique de stress. L’action de l’électroacupuncture
réduit l’ulcération peptique en inhibant la synthèse
de la sérotonine (la sérotonine a une action ulcérigène
et son administration à l'animal à fortes doses entraîne
des ulcérations gastriques) avec inhibition de la gastrine. De même
la dopamine est augmentée dans le sang et le tissu gastrique chez les
rats traités par électroacupuncture (notons que la dopamine a
un effet inhibiteur de la motricité digestive) [ , ]. Chez des rats Sprague
Dawley, un modèle de stress a été induit par leur immersion
dans de l’eau froide à 4° pendant 30-40 mn. L’action
de l’acupuncture au ES36 (zusanli) a été étudiée
par l’activité électrique gastro-entérique. On observe
ainsi des effets inhibiteurs de l’activité électrique gastro-colique
chez les rats stressés par l’application de l’acupuncture
au zusanli [ ].
Après électrostimulation de ES36 chez 18 rats avec gastrite stress-induite
par le froid, les taux plasmatiques de prostaglandine I2 (la PGI2 est inhibitrice
de la sécrétion gastrique) ont été statistiquement
augmentés alors que le TNF (tumor necrosis factor : action inflammatoire)
et le thromboxane A2 (TXA2 : effet vaso-constricteur et effet proagrégant
plaquettaire) ont été diminués (p<0,001) [ ].
Quatre-vingt-seize rats ont été divisés aléatoirement
en groupe témoin, groupe sous stress psychologique et groupe stress traité
par électroacupuncture afin de déterminer l’amélioration
des désordres gastriques stress-dépendants. Zusanli (ES 36) a
été puncturé et stimulé électriquement pendant
30 minutes. L'activité électrique du noyau dorsal moteur du nerf
vague a été enregistrée. Après stimulation acupuncturale
les anomalies provoquées par le stress ont été régulées
par action sur nerf pneumogastrique (une hyperactivité du nerf X entraîne
outre une tendance aux syncopes et à l’anxiété, une
constipation, une hyperchlorhydrie, un myosis etc..) [ ].
Par rapport au groupe contrôle, l’EGF (epidermal growth factor,
reconnu comme inhibiteur de la sécrétion gastrique) et le peptide
relié au gène de la calcitonine ou CGRP (inhibiteur aussi de la
sécrétion gastrique) plasmatique diminuent de manière statistiquement
significative (p<0,05) dans le groupe de rats soumis à un stress d’immobilisation
dans le froid. Dans les groupes traités acupuncturalement, les taux plasmatiques
d’EGF et de CGRP s’accroissent de manière statistiquement
significatives (p<0.01) et davantage dans le groupe traité pendant
5 jours [ ]. Une autre étude chinoise en 2001 confirme encore l’action
de l’acupuncture de manière statistiquement significative (p<0,01)
dans les gastrites stress-induites chez le rat Wistar en inhibant les lésions
dues aux radicaux libres tels le malondialdehyde (marqueur de stress oxydatif)
et en augmentant dans le plasma et la muqueuse gastrique l'activité de
la dismutase du superoxyde (SOD), une des enzymes responsables des mécanismes
de résistance des cellules au stress oxydatif [ ].
Vingt deux rats mâles Sprague Dawley ont été randomisés
en 3 groupes : groupe contrôle (n=6), groupe stress (n=8), et groupe pré-acupuncture
(n=8). Le groupe stress était soumis un stress par le froid pendant 1
heure après avoir été anesthésié. Le groupe
pré-acupuncture bénéficiait d’un traitement électroacupunctural
au zusanli (ES36) pendant 1 semaine à raison de 30 mn par jour, avant
d’être soumis au stress par le froid. Après sacrifice de
l’animal, les auteurs ont étudié l’expression du NOS
(oxyde nitrique synthase) au niveau de l’hypothalamus et de la glande
surrénale, mesuré la concentration du cortisol plasmatique et
l’effet protecteur éventuel de l’acupuncture sur la muqueuse
gastrique. Les résultats montrent une décroissance significative
des lésions ulcéreuses, une diminution de la concentration plasmatique
du cortisol chez les rats soumis à l’acupuncture. L’expression
de la NOS1 dans l’hypothalamus est significativement augmentée
après acupuncture alors que celle des NOS2 et 3 est diminuée [
]. La figure 3 résume l’action de l’acupuncture sur le système
gastro-intestinal.
Figure 3. Effets du stress et de l’acupuncture sur le système digestif

Action de l’acupuncture sur le système immunitaire
L’EA des points zusanli (ES36) et lanwei (point hors méridien 33)
empêche l’inhibition de l’activation de la tyrosine protéine
kinase (TPK) dans les lymphocytes T activés des rats stressés
par traumatisme [ ]. De même l’EA au niveau de ces mêmes points
induit chez les rats stressés par traumatisme la production d’interleukine
IL-2 des lymphocytes de la rate et améliore de ce fait l’immunosuppression
provoquée par le stress [ ]. En utilisant les mêmes points d’acupuncture,
Du et coll confirmeront que l’immunosuppression est réduite par
induction de l’interleukine 2 et inhibition des cellules NK par l’intermédiaire
du système des peptides opioïdes endogènes, car inhibé
par la naloxone, antagoniste des récepteurs à endorphines [ ].
Six points du Vaisseau Conception (renmai) ont été puncturés
dans le but de connaître leur action sur l’activité des cellules
NK et de l’interleukine 2 (cytokine IL-2). Des souris ont été
randomisées : un groupe « témoin » (n = 15), un groupe
« stress sans acupuncture » (n = 15), un groupe « stress avec
manipulation des aiguilles » (n = 15) et un groupe « stress avec
électroacupuncture » (n = 15). Les points RM17 (shanzhong), RM18
(yutang), RM19 (zigong), RM20 (huagai), RM21 (xuanji) et RM22 (tiantu) ont été
stimulés pendant 20 minutes. Il a été observé que
l'acupuncture augmente de manière statistiquement significative (p <
0,05) les activités des cellules de NK et d'IL-2 chez des souris soumises
au stress [ ].
Sur un paradigme de stress chirurgical chez le rat, Zhao et coll. ont montré
qu’il y avait amplification de l’activité des macrophages
péritonéaux, avec augmentation de l’interleukine 1 (IL-1)
et avec d’autre part, inhibition de l’orphanine FQ (nociceptine)
au niveau du système nerveux central. L’EA sur les points ES36
(zusanli) et lanwei (hors méridien 37) améliore la réponse
des cellules du système immunitaire, va activer la nociceptine et diminuer
l’activité de l’IL-1 bêta [ ]. La figure 4 récapitule
l’action de l’acupuncture sur le système immun.
Figure 4. Stress, acupuncture et système immun

Autres actions : sur l’HTA et la dépression-stress induits
Un modèle de rat hypertendu a été réalisé
par stress chronique (bruits et décharges électriques aux pattes).
Sur de tels rats hypertendus, une fois anesthésiés, l'électroacupuncture
aux points bilatéraux de zusanli (ES36) pendant 20 minutes déclenche
un abaissement de la pression systolique et diastolique associé à
une bradycardie, une atténuation de la pression ventriculaire gauche.
Ces résultats suggèrent que l'effet dépresseur de l'EA
sur les rats hypertendus stress-induits pourrait être induit par l’oxyde
nitrique ou monoxyde d'azote (NO) dans la substance grise périaqueducale
ventrale (vPAG) en rapport avec l'activation du système inhibiteur sympathique
[ ]. Il a d’ailleurs été démontré que la stimulation
des points MC5 (jianshi) et MC6 (neiguan) chez le chat réduit la réponse
sympathique à travers un mécanisme opioïde impliquant les
récepteurs opioïdes d et µ (forte affinité avec les
bêta-endorphines et les enképhalines) dans le noyau RVLM (rostral
ventrolateral medulla) du bulbe rachidien [ ] mais aussi au niveau de la substance
grise périaqueductale ventro-latérale (vlPAG) [ ].
Le stress induit une atrophie et une mort neuronale spécialement dans
l’hippocampe. En effet, des altérations dans l’expression
des facteurs neurotrophiques ont été mises en évidence
dans la dégénérescence hippocampale stress-induite. Dans
l’hippocampe, le stress diminue le niveau de l’ARNm du BDNF. La
stimulation électroacupuncturale appliquée sur le ES36 (zusanli)
restaure de manière statistiquement significative l’expression
de l’ARNm du BDNF (brain-derived neurotrophic factor) chez les rats soumis
à un stress d’immobilisation [ ].
La séparation maternelle est un facteur de risque dans le développement
des désordres de l’humeur comme la dépression. Les études
sur animaux ou êtres humains objectivent la participation du neuropeptide
Y (NPY) qui a un effet anxiolytique et sédatif en plus de son effet analgésique.
La séparation maternelle pendant 7 jours commençant le 14è
jour postnatal induit une diminution significative de poids corporel et de la
locomotion, alors que le traitement acupunctural au 7CO (shenmen) entraîne
une augmentation significative des deux. L'acupuncture a un effet sur les désordres
apparentés à la dépression, probablement en modulant l'expression
de NPY dans l’hippocampe [ ].
Des ratons femelles Wistar ont été séparés de leurs
mères 3h quotidiennement du 3ème jour postnatal au 14ème
jour. Par la stimulation des points shenmen (7CO) ou zusanli (ES36) alternativement
du 50ème jour au 62ème jour postnatal, on a observé que
le nombre de cellules de NPY-immunoréactive localisées au niveau
de l’amygdale baso-latérale (BLA) était statistiquement
plus élevé dans le groupe acupuncture-7CO, mais pas plus élevé
dans le groupe acupuncture-ES36, le tout comparativement au groupe des rats
séparés maternellement. Ces résultats suggèrent
que le traitement acupunctural pourrait réduire l’anxiété
comportementale chez des rats devenus adultes ayant été séparés
maternellement en modulant le système du NPY dans l'amygdale [ ].
Paradigme du stress animal : application à l’acupuncture expérimentale
Chez les animaux de laboratoire, l'acupuncture doit être exécutée
sur des sujets anesthésiés ou, s’ils ne sont pas, sur des
sujets immobilisés. Or ces deux procédures induisent un changement
de l'expression de l’activité c-fos au niveau cérébral
et vont ainsi masquer la réponse spécifique de l'action de l’électroacupuncture.
De ce fait, afin de réduire l'effet du stress d’immobilisation,
les auteurs ont utilisé un protocole de stress répété
pour évaluer les régions cérébrales activées
par électroacupuncture chez des rats mâles adultes Wistar. On sait
que le stress d’immobilisation déclenche une augmentation de l'expression
c-fos dans le noyau dorsal du raphé, dans le locus coeruleus, dans l'hypothalamus
postérieur et dans le noyau médio-central du thalamus. En utilisant
ces protocoles d'immobilisation répétée (6 jours, 1 h/jour
et 13 jours, 2 h/jour), l’effet du stress aigu d'immobilisation a été
diminué et les auteurs ont pu alors observé que l’électroacupuncture
(100 hertz) au point ES36 (zusanli) entraînait une augmentation de l’expression
c-fos essentiellement dans le noyau dorsal du raphé (p<0,05). Ces
données suggèrent que des niveaux élevés de stress
peuvent interagir et masquer l'évaluation des effets spécifiques
de l'acupuncture chez les animaux non anesthésiés [ ].
De la même façon, les effets de l’électroacupuncture
dans l’addiction aux opiacés peuvent être partiellement masqués
par le stress d’immobilisation. En effet, il est difficile de réaliser
de l’électroacupuncture sur les quatre membres des animaux non
immobilisés. D’où il a été évalué
chez des rats libres de leurs mouvements et d’autres immobilisés,
l’effet de l’électroacupuncture au point V23 (shenshu) dans
le sevrage à la morphine et l’expression du c-fos au niveau de
l’amygdale. Le taux de corticostérone a été dosé
ainsi que les réponses comportementales durant la stimulation électroacupuncturale
de 100 Hz pendant 30 mn. Dans les deux groupes de rats, l’électroacupuncture
réduit significativement les signes de sevrage. L’EA atténue
chez les rats libres l’expression du c-fos dans le noyau central de l’amygdale
tandis que l’EA chez les rats immobilisés augmente la réponse.
La corticostérone est significativement plus élevée chez
les animaux immobilisés après stimulation par EA [ ].
En définitive, le stress avec son cortège de réponses de
l'organisme, variable en intensité selon la nature de ce stimulus ou
sa durée d'application dans le temps peut parfaitement être canalisé
par l’acupuncture. L’acupuncture expérimentale explique l’action
cybernétique des points qui agissent aussi bien sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien
et la libération principale de CRH (corticotropin-releasing hormone)
que sur la mise en jeu des phénomènes de transduction avec ses
nombreuses molécules informationnelles. De ce fait, l’acupuncture
a un rôle essentiel à jouer dans la médecine moderne occidentale
et doit absolument trouver sa place dans la panoplie thérapeutique.
Dr Jean-Marc STEPHAN
Président de l’ASMAF-EFA
Co-directeur de la revue « Acupuncture & Moxibustion »
? 0327438311
? ?Jmtephff@aol.com
Note : un texte plus complet sera publié prochainement dans la revue
« Acupuncture & Moxibustion »
Références bibliographiques