UTILISATION DES POINTS V24 ET V26 A LA LUMIERE DES INDICATIONS CONTEMPORAINES ET DE LEUR GRAPHIES ANCIENNES

SMAC : Société Médicale d’Acupuncture Chinoise

6 avenue St François de Sales - 74200 - Thonon les Bains

Dr Jean FABRE et DrFrancis GASQ -

29, Boulevard Rabatau 13008 MARSEILLE 15, Rue Périer 12000 RODEZ

 

 

Les XUE (Hsueh) QIHAISHU (Tchi Rae Yu), 24 V (U24 dans la nomenclature Jacques-André LAVIER) et GUANYUANSHU, 26 V (U26 dans la nomenclature J.-A. L.) font partie intégrante de la chaîne dorsolombaire des points YU, dits " assentiments ", étagés le long du TAI YANG.

Leurs indications thérapeutiques leur font jouer un rôle essentiel dans la régulation hormonale, U24 permettant d’agir sur le taux des ANDROGÈNES, alors que des actions ciblées sur U26 peuvent permettre de modifier le taux d’OESTROGÈNES, comme le rappelait Jacques-André LAVIER dans son " vademum d’acupuncture symptomatique " (Maloine Editeur).

En pratique, ces points sont utilisés de façon couplée, en agissant sur eux par des effets BU (POU, de tonification) et XIÉ (SIÉ, de dispersion), selon le cas.

Ainsi, devant une hyperandrogénie, une action XIÉ sur U24 sera appliquée, tandis qu’U26 bénéficiera, par compensation, d’une manœuvre BU.

En cas d’hyperoestrogénie, on procédera de manière inverse, par effet XIÉ sur U26 et BU sur U24.

Ces interventions quasi-simultanées, pratiquées à l’aiguille (dénommées aussi " catatropique " [XIÉ] et " anatropique " [BU], permettront de restaurer l’équilibre des plateaux de la balance endocrinienne.

En dehors de ces applications modernes, d’autres indications peuvent être, d’après Jacques-André LAVIER, tirées de l’étymologie des points, dont l’étude approfondie, remontant aux graphies archaïques, ouvre de nouvelles perspectives à l’acupuncture, comme il a été signalé, à propos d’autres XUE, aux Congrès FAFORMEC de Nîmes (1998) et Paris (1999).

Les noms de 24 V et 26 V sont constitués de 3 idéogrammes.

Pour le regretté Jacques-André Lavier, aux plus lointaines origines, les noms des points d’acupuncture comportaient en tout et pour tout deux idéogrammes, qui étaient caractérisés par leur simplicité et leur haute charge sémantique.

 

Avec le passage du temps, les erreurs de transcription se sont multipliées, les superfétations se sont accumulées, les noms des points se sont compliqués, le noyau sémantique a été perdu de vue.

Ces erreurs ont favorisé les méprises sur la véritable information médicale originellement véhiculée par la dénomination des XUE.

Les traductions de Soulié de Morant et de Chamfrault sont respectivement " Assentiment de l’Océan de l’Energie ", " Assentiment de Tsi Raë 6 VC " [26 V] et " Assentiment d’origine de barrière ", " Assentiment du point Koan Yuan " [24 V].

Si ces traductions sont lexicalement exactes, elles nous apportent, il faut bien le dire, peu d’éclairage sur l’emploi médical des points (la remarque valant pour celles de bien d’autres XUE).

Jacques-André Lavier, selon sa technique habituelle, appliquée à l’ensemble des points d’acupuncture du corps, a fait subir un élagage au nom des XUE, ne conservant que les parties signifiantes et, de son point de vue, utiles au praticien.

Ainsi, pour V 24 et V 26, proposait-il de ne conserver que les deux premiers idéogrammes et, à l’intérieur de chacun, le seul noyau sémantique, c’est-à-dire, respectivement pour V 24, l’énergie et la femme (représentée avec les seins développés, donc en pleine activité génitale) et pour V 26, la barrière et l’homme sous le ciel (symbolisant le principe vital).

V 24, d’après l’étymologie, serait donc en rapport avec des troubles gynécologiques, tandis que V 26 concernerait plus spécialement des problèmes masculins (blocages), ce qui est évidemment en contradiction avec l’indication classique évoquée plus haut.

Il est par ailleurs à noter que certains caractères de V 26 et de V 24 sont identiques à ceux qui composent 2 points de Jen Mo, Vaisseau Conception (Allodromie F. dans la nomenclature LAVIER), les 2 premiers idéogrammes de VC4 (F4, Guanyuan) et de VC6 (F6, QI HAI) étant respectivement identiques aux 2 premiers composants de V 26 et V 24.

Les points lombaires et leurs " correspondants " étymologiques peuvent donc éventuellement entrer dans des formules d’utilisation triangulaires (2 points du dos + 1 point du VC), qui permettront de jouer sur les 2 claviers.

C’est dire l’intérêt de l’approche étymologique du nom des points, travail original entrepris par Jacques André Lavier, qui avait constitué un répertoire complet de leurs indications originelles, proposant à ses élèves des voies de recherche fructueuses, ouvrant sur des perspectives jusqu’alors insoupçonnées.