SIGNAUX CEREBRAUX DI.R.M. FONCTIONNELLE RECUEUILLIS APRES STIMULATION PAR ACUPUNCTURE AURICULAIRE
ETUDE REALISEE DE MARS A MAI 2000, A LINSTITUT DE RADIOLOGIE DU DOCTEUR ALFRED GEISSMANN, A BÂLE (SUISSE)
DIRECTEUR DE LETUDE : DR DAVID ALIMI
Neurophysiologiste, Chronobiologiste, Auriculoacupuncteur, chargé de Consultation et de Recherche au Service dAnalgésie de lI.G.R. de Villejuif, chef du Département Universitaire dAcupuncture auriculaire à la Faculté de Médecine de Paris XIII.
RADIOLOGISTE : DR ALFRED GEISSMANN
Spécialiste dI.R.M., Directeur de lInstitut de Radiologie de Bâle
NEURORADIOLOGISTE : DR DENIS GARDEUR
Spécialiste dI.R.M., ancien chef de Service-adjoint de Neuroradiologie de lHôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris
INTRODUCTION
Dans les schémas de traitements actuels, la place des thérapeutiques alternatives et complémentaires se renforce régulièrement.
Il reste pour certains des hésitations, des réticences, voire des oppositions, quant il ne sagit pas dhostilités.
Lavenir de ces disciplines passe par la lutte contre lobscurantisme. La plus fidèle alliée et larme la plus puissante restent la démonstration ; quelle soit clinique, scientifique, expérimentale, etc. pourvu quelle soit validée.
La puissance actuelle des outils de recherche, nous permet daccéder à cette tentative de démonstration.
En ce qui concerne lacupuncture auriculaire, nous avons, dans cette étude, utilisé lI.R.M. fonctionnelle, pour tenter dapporter une caution scientifique, neurophysiologique, à lefficacité de notre discipline. Il sagit de la première étude au monde dans ce domaine.
Le but étant de savoir sil existe une corrélation neurophysiologique directe entre les sites dauriculothérapie et les somatotopies cérébrales ; comme nous le pensons.
METHODE
10 sujets droitiers, 5 hommes et 5 femmes, âgés de 18 à 52 ans, en bonne santé, volontaires et bénévoles, ont participé à cette étude.
Leurs consentements écrits ont été obtenus après remise dune information claire, sur les modalités et le but de létude.
Les enregistrements ont eu lieu à lInstitut de Radiologie du Dr Alfred Geissmann, à Bâle, sur une machine dI.R.M. fonctionnelle de la General Electric Medical System (G.E.M.S), dune puissance de 1,5 Tesla, équipée pour lE.P.I. (Echo Planar Imaging), et installée en octobre 1998.
Des aiguilles en or massif, de 0,4 mm de diamètre et de 30 mm de longueur, ont été spécialement fabriquées pour permettre létude dans lenceinte magnétique confinée de lI.R.M.f.
Nous avons dû concevoir un système de liaison simple, non ferromagnétique pour la stimulation à courte distance des aiguilles piquées sur le pavillon de loreille.
5 séquences ont été réalisées pour chaque sujet, dont le numéro dordre de passage des épreuves était semi-randomisé.
Nous avons recueilli les signaux cérébraux dI.R.M. fonctionnelle :
Chaque séquence a duré 5 minutes avec des alternances de stimulation et de repos dune durée de 30 secondes. Une période de repos de 10 mn a été observée entre chaque séquence.
Les signaux I.R.M. ont été recueillis sur des coupes transversales en séquences E.P.I. Une série " anatomique" pondérée en T1 et en acquisition S.P.G.R. 3D a été également pratiquée. A partir de cette série 3D et selon l'espace anatomique de J.Talairach et P.Tournoux, un repositionnement des aires d'activation fonctionnelle a été réalisé chez chaque patient pour la cohérence des résultats, et pour une meilleure corrélation.
L'analyse fonctionnelle a été pratiquée par Logiciel " Functool " (G.E.M.S)
RESULTATS
Chez 9 des 10 sujets (1 sujet ayant fait une crise de panique dans lenceinte confinée de la machine, au moment du recueil du signal) la corrélation a été constamment retrouvée, entre la localisation somatotopique du pouce sur laire somatosensorielle rolandique S1, et sa représentation à loreille.
DISCUSSION
Cette démonstration fondamentale, accrédite fortement la valeur scientifique de lhomothétie entre la somatotopie cérébrale S1 et sa représentation à loreille.
Des travaux complémentaires sont nécessaires, notamment pour les autres localisations. Lidéal étant de préciser la cartographie auriculaire, avec la précision de la R.M.N.f. Cette dernière devrait aussi être utilisée pour la compréhension fine de laction thérapeutique ; travaux déjà commencés par notre équipe.