CHONG MAI

 

TRADITION ET MODERNITE

 

AFERA : Association Française pour l’Etude et la Recherche en Acupuncture

4, rue de la couronne 30000 NIMES

 

Dr Jean-Louis LAFONT
4 rue couronne 30000 NIMES

Résumé

L’auteur envisage les rapports entre la tradition médicale chinoise et la modernité en retraçant l’évolution des idées à propos du vaisseau extraordinaire chong mai et en redéfinissant la place de ce vaisseau dans le système théorique contemporain de l’acupuncture.

 Mots clés

Chong mai, vaisseaux extraordinaires, clinique, thérapeutique, histoire

 

 

INTRODUCTION

 

Contrairement aux idées communément admises en France à l’heure actuelle, où la médecine traditionnelle chinoise est souvent présentée comme un ensemble monolithique pratiquement inchangé depuis la plus haute antiquité, l’étude des textes classiques de la MTC permet de mettre en évidence qu’il y eut au fil du temps une évolution constante. Comme le soulignait déjà Bridgman (2) à ce propos, on ne peut considérer la médecine chinoise comme "  un ensemble immuable, conçu intégralement dans l’antiquité et transmis sans altération importante au cours des siècles, comme une doctrine fixée. " Ce point de vue se trouve confirmé par les travaux récents d’Unshuld (24) :

" Une chose est certaine : il n’y a jamais eu à proprement parler " une " médecine chinoise. Il serait plus juste de parler d’une pluralité de traditions thérapeutiques qui, en partie, sont restées imperméables les unes aux autres pendant plusieurs siècles, avant de s’influencer peut-être malgré tout les unes les autres. "

L’étude suivante sur l’évolution des idées relatives au vaisseau extraordinaire chong mai permet dans un premier temps de donner un aperçu sur ce qui est communément appelé la " tradition médicale chinoise " et dans un deuxième temps d’approcher l’idée de modernité.

 

Chong mai - La tradition

 

Lorsqu’il s’agit de parler de tradition médicale chinoise la référence essentielle est représentée par les textes du Classique de l’interne de Huangdi (Huangdi nei jing). Une étude approfondie de l’ouvrage (9) permet de mettre en évidence qu’il est constitué d’une compilation de textes dont la rédaction s’étale en gros du IV° siècle Avant l’Ere Commune (AEC) jusqu’au I° siècle de l’Ere commune (EC). Par la suite au II° siècle il fut remanié et divisé en deux ouvrages distincts Classique des aiguilles (Zhen jing) et questions simples (Su wen). Au VIII° siècle, à une époque ou le taoïsme était dominant en Chine Wang Bing remania considérablement le texte initial du Su wen en interpolant des considération taoïstes dans les 5 premiers chapitres de l’ouvrage, faisant ainsi passer aux yeux des générations suivantes le Su wen comme une production taoïste. En outre il introduisit dans le corps de l’ouvrage initial des chapitres entiers de sa propre main (SW66 à 74) dans lesquels il expose sa théorie des 5 transports – 6 énergies ( wu liun liu qi) (16, 21). Parallèlement le Classique des aiguilles changea de nom et devint l’Axe immatériel (Ling shu) (11). Ling est un terme taoïste qui n’apparaît pratiquement que dans le titre de l’ouvrage. De fait, tels qu’ils se présentent à l’heure actuelle, les textes du Classique de l’interne témoignent d’une évolution des idées s’étalant sur plus de 1000 ans.

 

IV° siècle AEC- II° siècle EC

 

Le Classique de l’interne de Huangdi (Huangdi neijing)

 

Une méthodologie adaptée à la nature de l’entreprise, sur laquelle nous ne nous étendrons pas ici, permet de distinguer dans les textes du Classique de l’interne plusieurs étapes que nous avons convenu d’appeler " systèmes " (9).

 

1° étape Système des points

Contrairement à l’opinion de certains auteurs il nous paraît à peu près certain aujourd’hui que la découverte des points précéda la découverte des méridiens. On a la trace d’une acupuncture archaïque antérieure à la découverte des méridiens dans deux fragments du SW60. Le nombre de points mentionnés est d’environ une trentaine et nous avons admis qu’ils représentent les premiers points d’acupuncture décrits. Nous ne nous étendrons pas plus sur cette époque qui sort du cadre de notre propos.

 

2° étape Système à base 6

Cette deuxième étape repérable dans les textes eut lieu dans le courant du III° siècle AEC. La découverte capitale à ce moment là est celle des méridiens qui, à cette époque, sont appelés vaisseaux (mai). Au nombre de 6 les premiers vaisseaux décrits n’étaient probablement pas reliés à des viscères. Par la suite les vaisseaux yin furent les premiers reliés à des viscères, les vaisseaux yang étant reliés à des régions somatiques de l’extrémité céphalique (yeux, oreilles, bouche) (LS5). Cette distribution particulière des vaisseaux est conforme au point de vue du moment : " les yin sont pour l’intérieur, les yang sont pour l’extérieur " (SW6). Dans SW31 les relations vaisseaux – viscères s’établissent comme suit :

Les textes sont vagues sur chong mai, le premier et le seul des futurs 8 vaisseaux extraordinaires décrits à ce stade. La seule mention sur chong mai dans les textes correspondant au système à base 6 est relevée dans SW6 :

" Lorsque le sage fait face au sud il a devant lui la vaste clarté et derrière le grand carrefour ".

Sur cette seule mention il est difficile d’avoir une représentation précise de chong mai à cette époque et nous avons admis, ce qui sera confirmé par les textes du système suivant, que chong mai a un trajet postérieur intra rachidien qui commence peut-être au point feng fu et un trajet antérieur qui émerge au creux sus- claviculaire (fig. 1).

 

3° étape Système à base 9

On possède sur cette période des documents dont l’importance est inestimables (documents de Ma Wangdui (4) biographie de Chun Yuyi (2). Ils permettent d’avoir un aperçu relativement précis de l’état de la question à cette époque (II° siècle AEC). Cependant ces documents, par leur contenu technique, sont très divergents entre eux et avec les textes du Classique de l’interne correspondant au système à base 9. On est obligé d’admettre pour expliquer ces divergences l’existence de plusieurs écoles ou courants de pensée, ce que l’on peut facilement accepter compte tenu du mode d’enseignement de la médecine à cette époque qui se faisait auprès de maîtres indépendants.

Malgré la situation confuse de l’acupuncture au II° siècle AEC on peut dire que le modèle le plus répandu du moment comprenait 9 méridiens appelés indifféremment dans les textes vaisseaux (mai) ou méridiens (jing). Ce modèle comprenait les 6 vaisseaux du bas et les 3 vaisseaux yang du haut (SW20, LS5). A ces 9 vaisseaux étaient annexés 9 grands luo (da luo) (SW63).

3 autres vaisseaux sont décrits dans les textes constitutifs du système à base 9 : chong mai, yin qiao mai, yang qiao mai. Les mentions concernant chong mai sont rares (SW35, LS79, les deux textes étant d’ailleurs identiques). Il s’agit en fait, plus d’une allusion que d’une véritable mention :

" Avant de sortir au feng fu, le wei s’abaisse chaque jour d’une vertèbre, en 25 jours, il arrive au coccyx, le 26° jour il entre dans le rachis et s’écoule dans le vaisseau dissimulé dans son intérieur, puis il remonte pendant 9 jour pour sortir au creux sus-claviculaire. "

D’après les connaissances du moment il ne peut s’agir que de chong mai. Cette citation permet d’avancer l’hypothèse, compte tenu du contexte des chapitres correspondant, qu’à cette époque, chong mai était envisagé comme le support de la circulation du wei dans les processus de défense contre les atteintes du xie. Cette notion peut paraître surprenante à première vue, mais doit être replacée dans le contexte médical de l’époque et au siècle suivant c’est le vaisseau yin qiao qui sera le support de la circulation du wei qi dans le système à base 11 (LS76).

 

4° étape Système à base 11 

C’est probablement à partir de la fin du I° siècle AEC qu’eut lieu un début de rassemblement des textes des fang shi, par les médecins bibliothécaires attachés à la cour, qui devait aboutir au cours du I° siècle EC à la rédaction du Huangdi nei jing primitif. On note dans les textes correspondant à ce système une influence confucéenne indéniable ainsi qu’un début d’harmonisation de la terminologie médicale qui contraste avec l’impression de confusion que donne la lecture des textes du système à base 9.

Le réseau des méridiens comprend 11 vaisseaux centripètes (LS2) tous en relation avec un viscère. Il est possible que l’école qui a produit les documents de Ma Wangdui incontestablement la plus en avance de son temps dans ce domaine ait servi de modèle de référence. Cependant contrairement aux textes de Ma Wangdui tous les vaisseaux décrits dans LS2 sont centripètes, ce qui permet de comprendre la distribution centripète des 5 points shu des 5 méridiens yin et des 6 points shu des 6 méridiens yang qui ont tous une distribution centripète, et qui sont décrits pour la première fois à cette époque. Le vaisseau absent est le vaisseau du Maître du Cœur. Le trajet du vaisseau du Cœur est décrit sur le trajet de l’actuel Maître du Cœur (LS2).

On ne retrouve dans les textes correspondant à ce système aucune mention sur chong mai.

 

5° étape Premier système à base 12

 

Le réseau des méridiens comprend à partir de ce moment-là 12 entités individualisées par la première description du méridien du Maître du Cœur (LS71). A ces 12 entités centripètes sont annexés :

 

Toutes ces " structures " sont décrites dans les textes dans le sens centripète.

A ce réseau on peut ajouter 6 vaisseaux : chong mai, yin qiao, yang qiao mai et du mai, ren mai et dai mai dont c’est la première mention. Compte tenu des divergences entre tous les textes il n’est pas possible de donner une description homogène de l’organisation de ces vaisseaux et on est bien obligé d’admettre la persistance de plusieurs courants de pensée à ce stade malgré l’effort d’harmonisation de la terminologie technique repérable depuis le système précédent.

 

 

Chong mai acquiert à cette époque un statut particulier :

 

Dans LS38, chapitre dans lequel la question de l’Empereur reflète la situation du réseau des méridiens du moment, chong mai est qualifié de " Mer des 5 zang et des 6 fu ",

 

" Huangdi : Pourquoi le vaisseau shao yin circule-t-il seul en se dirigeant vers le bas ?

" Qi Bo : Non, c’est chong mai,  Mer des 5 zang et des 6 fu qui les alimente vraiment tous. Sa branche montante sort à la gorge et au front, imbibe tous les yang et y verse dans tous du qi. Sa branche descendante se déverse dans le grand luo de shao yin. Elle sort au " carrefour du qi " (E-30), passe aux parties génitale et à la face médiale de la cuisse, entre dans le creux poplité, se cache et circule dans le tibia, descend à la malléole médiale, se fixe et se sépare. La branche descendante se joint au méridien du shao yin et imbibe les 3 yin. (La branche) antérieure se cache, circule et sort au dos du pied, pénètre dans l’espace du gros orteil. Elle irrigue tous les luo et tiédit les tendons et la chair. " (LS38)

 

On a ici la première description détaillée et complète de chong mai (fig.2)

Les qualificatifs de chong mai varient suivant les textes : Mer des 5 zang et des 6 fu (LS38), Mer du sang (LS33) ou Mer des 12 vaisseaux (LS33) ou des 12 méridiens (SW44).

 

Ses fonctions sont clairement exprimées dans LS38 où il distribue le qi dans les méridiens yang en haut, dans les méridiens yin en bas (LS38). Dans SW44 : "  chong mai Mer des méridiens, préside au déversement des liquides organiques dans les confluents des vallées. "

En fait les fonctions de chong mai pour être clairement perçues nécessittent de replacer toutes les notions le concernant dans le contexte du système médical de l’époque.

Les 12 méridiens, les 12 branches séparées des méridiens, les 12 canaux de l’eau ont un trajet centripète des extrémités vers les centres où sont situées les 4 Mers. Chong mai Mer des 12 vaisseaux est le seul vaisseau pour lequel on décrit un trajet centrifuge. Suivant les textes il distribue le qi ou les liquides organiques des centres vers les extrémités et constitue le temps centrifuge de la circulation, le retour, ou temps centripète, étant assuré par les 12 vaisseaux et les 12 canaux de l’eau (LS38, LS62).

 

6° étape Deuxième système à base 12

L’organisation du réseau des méridiens qui sont désignés dans bon nombre de textes de ce système par l’expression jing mai (vaisseau-méridien) diffère fondamentalement du système précédent (LS10). Les 12 méridiens ont un trajet alternativement centripète et centrifuge. Les méridiens yang possèdent tous un trajet interne qui les relie à leurs viscères. De ce fait les jing bie du système précédent n’ont plus de raison d’être et on n’en trouve plus aucune mention dans les textes. Le réseau des 12 vaisseaux-méridiens est complété par un réseau de 15 bie qui seront par la suite appelés vaisseaux luo (luo mai) (LS10).

Aux 6 vaisseaux précédents se surajoutent deux vaisseaux supplémentaires yang wei et yin wei mai mentionnés pour la première fois dans SW41.

En ce qui concerne chong mai on relève certains changements par rapport au système précédent.

chong mai garde la dénomination de " Mer des 12 vaisseaux " avec ren mai dans LS65 (fig.3).

chong mai et ren mai débutent tous les deux dans l’utérus. Ils remontent en circulant à l’intérieur du rachis afin de former la " Mer des vaisseaux ". Ils circulent en superficie, passent par l’abdomen, remontent et se réunissent à la gorge. Une branche séparée les relie à la bouche et aux lèvres. "

Par rapport au trajet du LS38 et LS62 on relève : le début dans l’utérus, l’absence de trajet au membre inférieur et la branche qui relie la bouche et les lèvres (fig.3). Dans LS65 les fonctions qui leur sont alors attribuées concernent le sang, fonctions que l’on retrouve mentionnées dans SW1 où ces deux vaisseaux jouent un rôle prépondérant dans la physiologie des menstruations :

 

" A 2 fois 7  ans la fécondité apparaît. ren mai circule librement, le puissant chong mai se développe pleinement. Les menstrues amènent régulièrement un état de fécondité. (…)

" A 7 fois 7 ans ren mai est vide, le puissant chong mai décline et se réduit, les " voies souterraine " sont coupées et l’infécondité en résulte. "

 

chong mai, ren mai, du mai dans SW60

SW60 est le seul texte qui présente, ce qui semble être un début de synthèse comprenant les trois vaisseaux chong, ren et du. C’est aussi le seul texte du Classique de l’interne qui décrit le trajet de du mai. Il semble qu’il y ait dans ce passage du SW60 une première organisation de ces trois vaisseaux en un ensemble, car chong mai et ren mai ont leurs trajets modifiés par rapport aux textes précédents, ils perdent leurs trajets postérieurs intra-rachidien (fig.4)

 

Trajet de chong mai

chong mai sort au point "carrefour du qi " et va doubler le méridien du Rein. Il remonte en encadrant l’ombilic pour aller se perdre à l’intérieur de la poitrine. "

 

Symptômes

" quand chong mai est souffrant, le qi reflue et fait des épreintes. "

 

Points

Les points décrits à cette époque sont au nombre de 260 environ dont une grande partie est répertoriée dans SW59. L’ensemble des données permet de faire plusieurs constatations. Depuis le système à base 6 " les méridiens yin sont pour l’intérieur " de ce fait les méridiens yin du bas ont un trajet interne dès leur passage au plis de l’aine et n’ont pas de points propres dans les régions thoracique et abdominale. L’exemple du méridien du Rein permet d’illustrer ce propos :

 

COMMENTAIRES

Au terme des textes du Classique de l’interne, on peut dire que les futurs " 8 vaisseaux extraordinaires des méridiens " sont connus, mais qu’exception faite de trois d’entre-eux, à aucun moment ils ne semblent avoir été organisés en un tout homogène. Les textes qui apparaissent comme les plus récents de l’ouvrage ne permettent pas de dire formellement comment ces vaisseaux furent considérés dans les modèles physiologiques et physiopathologiques du moment. Ce qui paraît par contre très probable c’est la provenance d’écoles différentes de ces vaisseaux :

 

L’hypothèse que l’on peut proposer en présence de toutes les divergences repérables dans les textes du Classique de l’interne est que des écoles différentes ont établi chacune une théorie originale qui comportait au début du I° siècle EC :

 

 

III° siècle

Le Classique des Difficultés ( Nan jing)

C’est dans le courant du III° siècle, que l’on relève dans le Classique des difficultés, la première organisation cohérente et homogène de ces vaisseaux, sous la dénomination " 8 vaisseaux extraordinaires des méridiens " (qi jing ba mai), exposée dans les Difficultés 27, 28, 29.

 

Trajets

Le trajet des 8 vaisseaux extraordinaires est décrit dans la Difficulté 28. Le libellé du texte ne permet pas de se faire une idée précise sur leurs trajets, en particulier dans leurs parties terminales qui ne sont pas décrites. On peut noter, par rapport aux textes du Classique de l’interne que :

- aucun des 8 vaisseaux ne possède de trajet interne qui le relie à un viscère,

Enfin compte tenu des Difficultés 27, 28, 29 on ne peut dire quels étaient les points d’acupuncture attribués à ces vaisseaux à cette époque.

 

Symptômes.

Les symptômes caractéristiques de l’atteinte de chacun des 8 vaisseaux sont décrits dans la 29° Difficulté. En ce qui concerne chong mai :

" quand chong mai est affecté, le qi reflue à contre-courant, l’abdomen est tendu et douloureux "

D’une façon générale les fonctions des vaisseaux extraordinaires sont exposées dans la 27° Difficulté, par une image qui deviendra classique dans les ouvrages médicaux ultérieurs :

 

" Les sages (de l’antiquité) avaient édifiés des canaux et des réservoirs afin de canaliser les inondations imprévues. Lors des pluies abondantes l’eau déborde des canaux et des réservoirs. Ce phénomène est semblable au débordement de sang et de qi dans les jing luo, qui doivent alors emprunter d’autres voies pour se déverser hors des méridiens. Ces autres voies sont les 8 vaisseaux irréguliers, où s’épanchent les débordements. "

Le Classique du pouls (Mai jing)

 

Cet ouvrage classique du III° siècle est le premier qui décrit les aspects pathologiques caractéristiques de l’atteinte de chacun des 8 vaisseaux. On peut constater à ce sujet que ces aspects pathologiques sont tous des aspects d’excès, ce qui dans un certain sens est conforme au rôle de réseau de suppléance dans les cas de " débordements " attribué aux 8 vaisseaux extraordinaires par le Classique des difficultés.

Dans l’atteinte de chong mai  le pouls est plein (shi) et ferme (jian)

 

Le Zhen jiu jia yi jing, autre texte médical fondamental du III° siècle reprend l’ensemble de ces notions qui deviendront classiques.

A ce stade de l’évolution des idées on peut dire que le Classique des difficultés peut être considéré comme le premier ouvrage de médecine qui fixe de façon définitive l’organisation des " 8 vaisseaux extraordinaires des méridiens ".

 

XIII° siècle

Dou Hanqing (Dou Jie) est le premier auteur qui décrit les " 8 points de croisement réunion " (ba xiao hui xue) : IG-3, P-7, MC-6, Rte-4, VB-41, TR-5, R-6, V-62. Dans son ouvrage (Boussole des méridiens et de l’acupuncture Zhen jing shi nan) il cite des exemples d’utilisations de ces 8 points qui seront relevés par l’auteur du Zhen jiu da cheng sous l’expression " recettes de Maître Dou ". On peut constater à ce sujet que ses recettes sont des combinaisons comprenant un des 8 points associé à des points " ordinaires " des méridiens principaux. (cf. deuxième partie Le point Rte-4)

 

XVI° siècle

Gao Wu, est le premier auteur qui décrit de façon méthodique, la première liste des points des vaisseaux extraordinaires dans " Collection précieuse d’acupuncture et de moxibustion " (Zhen jiu ju ying 1529). D’après le texte de Li Shizhen, il semble que ce soit également le premier auteur qui mentionne : du mai – Mer des méridiens yang, ren mai - Mer des méridiens yin.

L’ouvrage de Li Shizhen " Recherches sur les 8 vaisseaux extraordinaires des méridiens " (Qi jing ba mai kao) (1518-1593) est le seul ouvrage de médecine qui soit entièrement consacré à ce sujet. Il se présente comme une compilation, ordonnée suivant chaque vaisseau, d’extraits des principaux ouvrages précédemment mentionnées, plus d’autres extraits d’ouvrages moins connus qui, de notre point de vue, n’apportent rien de décisif à la compréhension des vaisseaux extraordinaires. Il convient de souligner que dans cet ouvrage les 8 points de croisement-réunion de Dou Hanqing ne sont pas mentionnés.

 

XVII° siècle

C’est dans le Zhen jiu da cheng (1601) de Yang Jizhou (1522-1620), que les vaisseaux extraordinaires vont obtenir leur statut pratiquement inchangé jusqu’à aujourd’hui. Le texte mentionne :

- la liste des points de chaque vaisseau (L.IX),

 

En ce qui concerne chong mai :

Trajet :

" (chong mai) Avec ren mai et du mai il part du point " réunion du yin " (RM-1). "

Points

Point de croisement-réunion : Rte-4 couplé au MC-6 de yang wei mai

Points : R-11 au R-21

 

 

Indications thérapeutiques

 

Principes de traitement :

" Les 8 points sont des fils conducteurs. Pour la règle des 8 d’abord piquer le point qui convient et suivant la maladie à droite ou à gauche, en haut ou en bas. Puis piquer tous les points qui répondent. Suivez, pressez, conduisez suivant les règles. Si la maladie n’est pas finie adressez-vous sûrement au point couplé. Laissez l’aiguille et attendez le qi. Faites que haut et bas communiquent, qu’il y ait aisance sans amertume. Puis sortez l’aiguille. "

Commentaires 

Comme le montre cet exposé ce que l’on appelle " la tradition médicale chinoise " n’est pas un ensemble de données immuables fixées une bonne fois pour toute dans le Classique de l’interne. La valeur du texte fondateur, source de la tradition est d’avoir d’emblée décrit un ensemble de principes, d’idées directrices sur lesquels eurent lieu tous les développements ultérieurs. L’exemple de chong mai, qui peut être étendu à l’ensemble des différents domaines de l’acupuncture (indications et fonctions des points, organisation du réseau des méridiens, fonctions des zang fu, classement des symptômes, évolution des méthodes d’examen, etc. ) permet de dire que la tradition chinoise en médecine est à l’image du texte le plus représentatif de la pensée chinoise le Livre des mutations, dont l’essence même pourrait se résumer en deux mots : Permanence et Changement.

 

Chong mai – La modernité

Que faut-il entendre par modernité ?

Nous nous sommes longtemps interrogés sur cette notion pour en arriver aujourd’hui à la conclusion que la plupart des auteurs précédemment cités ont été à leur époque des " modernes ". Ils ne sont devenus des " classiques " par la suite, que parce que leurs idées, en avance sur leur époque et en rupture avec le passé, ont été retenues comme pertinentes par les générations suivantes. Une tentative de définition de la " modernité " peut-être proposée et celle qui nous paraît la plus appropriée compte tenue de notre propos peut être relevée dans SW39 :

 

" On dit que pour bien parler des faits naturels il faut bien les observer chez l’homme ; pour bien parler des théories anciennes il faut les rapprocher des actuelles ; pour bien parler de l’homme il faut faire sa propre critique ; on peut ainsi raisonner sans erreur et atteindre à la perfection de son art, à ce qu’on nomme la clairvoyance. " (SW39)

D’après cet extrait l’observation, la comparaison, la critique, le raisonnement sont les qualités premières qui doivent être en possession du médecin et lui permettre d’acquérir la qualité fondamentale de son art : la clairvoyance, la capacité de voir l’invisible. L’application de ces notions (observation, comparaison, critique, raisonnement) au vaisseau irrégulier chong mai représente la deuxième partie de notre exposé qui comprend :

 

 

Organisation structurale des vaisseaux extraordinaires

Nous estimons que dans le système théorique contemporain de l’acupuncture, il convient de relativiser le qualificatif de Mer attribué à chong mai. Le terme Mer (hai), dans le contexte des textes médicaux du I°siècle EC, peut se comprendre avec le sens de réservoir des substances vitales, très proche dans ce sens du terme zang attribué aux viscères et qui a le sens de magasin. Les 4 Mers, dans le contexte du système médical du I° siècle EC, thésaurisent, mettent en réserve et distribuent les substances vitales en fonction des besoins. Dans ce contexte chong mai Mer des 12 méridiens thésaurise et distribue le qi aux 12 méridiens.

 

La fonction étant indissociable de la structure, si l’on examine l’organisation structurale du réseau des vaisseaux-méridiens dans le système contemporain, on constate que sur 8 vaisseaux, 6, dont chong mai, empruntent leurs points aux méridiens dont ils drainent les excès, 2 ( du mai et ren mai ) ont des points propres et ont été considérés par certaines écoles dès le VIII° siècle comme véhiculant le qi primordial (yuan qi) (12). Les fonctions qui se dégagent de l’organisation structurale des 8 vaisseaux telle qu’elles furent fixées à partir du XVII° siècle pourraient se résumer : " 8 déversoirs – 2 réservoirs "(10). La notion de Mer attribuée à ren mai et du mai depuis le XVI° siècle, est confirmée par le fait que contrairement aux autres vaisseaux et en particulier chong mai, du mai et ren mai ont des points–réunion avec tous les méridiens et les vaisseaux irréguliers. On peut rappeler à ce propos que les points-réunions des vaisseaux extraordinaires yin sur ren mai sont :

RM-24 ren mai – du mai

RM-23 ren mai – yin wei mai

RM-22 ren mai – yin wei mai

RM-7 ren mai – chong mai

RM-1 ren mai – du mai - chong mai ( pour lequel fut utilisé l’image " une source et 3 chemins ")

 

On peut ainsi schématiser l’organisation structurale et fonctionnelle des 8 vaisseaux irréguliers de la façon suivante :

En ce qui concerne chong mai (fig.6) :

Toutes ces données permettent d’avancer l’idée que l’ensemble structural de chong mai évoque l’image de la réunion de l’inné et de l’acquis.

 

Les indications du Point Rte-4

La première mention du point Rte-4 est relevée dans LS10. Ce texte décrit pour la première fois les symptômes et le trajet complet des 12 méridiens alternativement centripètes et centrifuges et des 15 bie (luo). D’après LS10  le trajet du bie (luo) de zu tai yin se sépare du méridien au point Rte-4 et rejoint le yang ming. Une branche rejoint les Intestins et l’Estomac. Les symptômes d’atteinte sont : en cas de plénitude vomissements, diarrhée, douleur des intestins, en cas de vide : ballonnement abdominal

 

D’après le Zhen jiu da cheng les 8 points de croisement - réunion décrits par Dou Hanqing servent de base à des associations de point que l’on peut qualifier de recettes. Celles-ci relevées et complétées par l’auteur du Zhen jiu da cheng, comprennent plus de trente combinaisons concernant le point Rte-4 (tableau 1). Elles permettent de cerner en partie " l’ambiance du point Rte-4 ".

En pratique, exception faite des maladies fébriles et des ictères qui sont rarement traités par acupuncture dans les cabinets contemporains, l’ensemble des symptômes relevés dans l’utilisation du point Rte-4 sont :

- la pathologie digestive comprenant :

Nous ne retiendrons pas ici l’indication sur la sphère gynécologique, ni celle sur l’appareil locomoteur, celles-ci nous paraissant dépendre essentiellement des autres points de la recette, et constituant à notre avis des modalités très particulières du Rte-4.

Les symptômes d’atteinte de chong mai : reflux et douleur abdominale synthétisent ces indications.

  

Recettes de maître Yang

Tableau 1 - Associations du point Rte-4

 

Les indications des points du R-11 au R-21

Il se pose ici un problème difficile qui est celui des sources et des références. L’ensemble des ouvrages consultés montrent en effet des divergences importantes, en particulier sur les indications fonctionnelles de ces points. Certains auteurs en particulier A. Lade ne les mentionne même pas (8). Le principales indications cliniques retenues dans le tableau 2 sont issues du Zhen jiu da cheng et de la Chine contemporaine (3). Les indications fonctionnelles sont déduites des indications cliniques ( en particulier d’après Lu et Anmon (13)

R11

Tonifie le qi du Rein

Purifie la chaleur

Favorise la miction

Douleur et plénitude du bas-ventre,

Dysurie, incontinence, infection des voies urinaires,

Douleur de la région génitale, Qi herniaire

Lombalgie et impuissance, spermatorrhée, affaiblissement des fonctions sexuelles

R12

Tonifie le qi du Rein

Régularise l’utérus

Douleur brutale du bas-ventre,

Douleur des organes génitaux externe

Qi herniaire-shanqi

Spermatorrhée,

Pertes blanches et prolapsus génital.

R13

Met en route les fonctions de ren et chong

Favorise le mécanisme du qi

Ballonnements et diarrhées

Infection des voies urinaires

Stérilité, règles irrégulières, pertes rouges et blanches, lombalgie

 

R14

Supprime les blocages

Régularise les règles

Favorise la miction

Règles irrégulières, hyperménorrhée, métrorragie, stérilité

Spermatorrhèe

Qi herniaire-shanqi

Perte d’urine goutte à goutte, douleur du bas-ventre, diarrhée,

Amas

R15

Tonifie le qi des Reins

Régularise les règles

Régularise l’intestin

 

Règles irrégulières,

Constipation due à la chaleur, diarrhée

Douleur lombaire et abdominale

R16

Réchauffe le Foyer central

Harmonise l’Estomac

Régularise le qi, abaisse le reflux

Calme les douleurs

Douleur et ballonnement de l’abdomen

Vomissement et constipation

Les 5 lin,

Qi herniaire shanqi

Ptose gastrique,

Appendicite aigüe

R17

Tonifie la Rate – harmonise l’Estomac

Régularise l’intestin et l’Estomac

Dissipe la stagnation

Douleur et ballonnement de l’abdomen,

Diarrhée, constipation

Masse abdominale

R18

Tonifie le Foyer central – harmonise l’Estomac

Libère les blocages (Perméabilise les intestins, Draine les stagnations)

Eructations, vomissements

Douleur abdominale

Constipation

R19

Tonifie la Rate, harmonise l’Estomac

Régularise le qi

Harmonise le Foyer central

Douleur et ballonnement de l’abdomen,

Eructations, vomissements

Borborygmes

Constipation,

Stérilité,

R20

Renforce la Rate – harmonise l’Estomac

Douleur abdominale,

distension des flancs, plénitude et gène thoracique,

Dyspepsie, vomissements, éructations,

Douleur du Cœur, palpitations

R21

Draine le Foie

Tonifie la Rate – harmonise l’Estomac

Purifie et élimine la chaleur de l’abdomen

Soumet le ni

Ballonnement épigastrique, inquiétude,

Vomissements, éructations, indigestion,

Douleur abdominale, diarrhée, dysenterie

Tableau 2 – Principales indications cliniques et fonctionnelles des points de chong mai

Commentaires

D’une façon générale :

  • les points du R-11 au R-15 sont indiqués dans les tableaux cliniques ayant à la base un vide du qi du Rein. Les indications cliniques de ces points montrent une association de symptômes propres au Rein (lombalgie, incontinence, stérilité, troubles sexuels etc.) et de symptômes évoquant une obstruction due à la stagnation d’humidité secondaire au vide de qi ( infection des voies urinaires, difficultés des mictions, pertes blanches, ballonnements, diarrhées, amas, etc.)
  • les points du R-16 au R-21 sont indiqués dans les tableaux cliniques ayant à la base un vide de qi de Rate - Estomac (ballonnements, diarrhées, ptose gastrique) s’accompagnant d’une stagnation d’humidité pouvant aboutir à la formation de masses abdominales. Tous ces points possèdent en outre des signes de reflux (éructations, vomissements) dont le plus important semble être le R-21.
  • le point R-21 est le seul de cet ensemble à avoir l’indication draine le Foie.

 

Chong mai synthèse 

L’organisation structurale contemporaine du réseau des méridiens et des 8 vaisseaux extraordinaires, l’organisation des points réunions, le nom du point Rte-4, permettent d’envisager chong mai comme fonction de réunion de l’inné et de l’acquis.

 

Les processus pathologiques à l’origine d’un débordement sur chong mai sont représentés par les tableaux pathologiques de type vide de qi de Rate-Estomac et/ou de Rein. L’insuffisance des fonctions de transport – transformation des liquides de la Rate et d’ouverture – fermeture du Rein créent une stagnation des liquides et le développement d’un tableau d’humidité interne. L’accumulation d’humidité aggravée par des facteurs alimentaires, résidentiels, affectifs ou sexuels ou bien par les atteintes externes (froid et humidité en particulier ), entraîne une obstruction des mouvements de montée – descente aboutissant à une symptomatologie de plénitude au Foyer central et/ou au Foyer inférieur puis à un débordement sur chong mai dont les symptômes d’atteinte se signaleront par : reflux et abdomen douloureux, tendu et un pouls plein et ferme.

 

Un cas particulier est représenté par le tableau de stagnation du qi du Foie. Le retentissement de ce tableau sur chong mai peut se faire de plusieurs manières :

  • la stagnation du qi du Foie entraîne un reflux transverse qui bloque le mouvement de descente de l’Estomac et de montée de la Rate entraînant les symptômes : reflux et abdomen douloureux et tendu.
  • la stagnation du qi du Foie peut envahir la région thoracique, par exemple, créant un débordement sur yin wei mai dont le symptôme caractéristique est : douleur au Cœur (symptôme commun avec (Rte-4). Le débordement de la stagnation de qi peut de plus envahir l’abdomen donnant aussi dans ce cas un tableau clinique intriqué chong mai – yin wei mai.

 

Dans ces situations le débordement sur chong mai est " branche " la pathologie de Rate-Estomac et /ou Rein est " racine ".

Les principes du traitement des 8 vaisseaux irréguliers définis par le Zhen jiu da cheng nous paraissent toujours d’actualité.

En présence d’un tableau clinique évoquant l’atteinte de chong mai on pique en premier le point de croisement-réunion Rte-4. Puis les points " qui répondent ". Cette expression doit se comprendre comme les points retrouvés sensibles à la palpation et portant les indications cliniques et fonctionnelles correspondant à la situation. Le traitement se termine par la piqûre du point couplé MC-6 si nécessaire. Dans cette démarche le traitement du reflux est une des priorité du traitement (cf. SW65) et l’on peut considérer que le débordement sur chong mai est résolu lorsque ce symptômes disparaît. La disparition du symptôme permet d’envisager que le mouvement de montée – descente est rétabli, donc que l’obstruction est levée. Le traitement vise alors à résoudre la pathologie de Rate-Estomac et/ou Rein à l’origine du débordement sur chong mai.

  

Bibliographie

1- BACH (Q. M.) – RUDERMANN (J.) – Nan jing Explications et commentaires. A.F.E.R.A., Nîmes 1986.

2- BRIDGMAN (R.F.)- La médecine dans la Chine antique, in Mélanges chinois et bouddhiques. Bruxelles, 1955.

3- GUILLAUME (G.), MACH (C.) – Dictionnaire des points d’acupuncture. G. Trédaniel, Paris, 1995.

4- HARPER (D.J.) – The Wu shih er ping fang ; Translation and prolegomena. University of California, Berkeley, 1982.

5- HUANG (F.M.) – Zhen jiu jia yi jing ( traduction et annotations par Andrés G. et Milsky C.) à paraître

6- HUSSON ( A.) – Huangdi nei jing Su wen . A.S.M.A.F., Paris, 1973.

7- Institut RICCIDictionnaire Français de la langue Chinoise. Kuang Chi Press, 1976.

8- LADE (A) – Images et fonctions des points d’acupuncture- Satas, Bruxelles, 1994.

9- LAFONT (JL) – Emergence. Origine et évolution de l’acupuncture dans le Classique de l’interne. SATAS Bruxelle , 2001

10- LAFONT (JL) – Evolution de la théorie des vaisseaux extraordinaires. Actes du Congrès de l’A.F.E.R.A. Nîmes, 2001

11- LARRE (C.), ROCHAT (E) – Huangdi neijing, Revue franç. d’acupuncture N°49, 1987.

12- LI (S J) – Etude sur les 8 vaisseaux extraordinaires. (Trad.Teboul-Wang B.) In Les Méridiens extraordinaires, Trédaniel 1997

13 – LU (J.), ANMON (Y.) Les points d’acupuncture. Fonctions, indications et applications cliniques. You Feng, Paris, 1996.

14- MING (W.) – Ling shu . Masson 1987.

15- NGUYEN (V. N). Huangdi nei jing su wen, Huangdi nei jing ling shu (6 tomes) Marseille. 1973-1995.

16 – PORKERT (M). The theoritical foundations of Chinise Medicine. M.I.T. Press. Cambridge, Massachusets, London, England. 1974.

17- ROCHAT de la VALLEE (E.), LARRE (C.) – Su wen Les 11 premiers traités. Maisonneuve, 1993.

18 - SCHNORRENBERGER (C.) – Klassische Akupunctur China Ling Kü King. Hippocrates Verlag, Stuttgart,

1974 (trad. et com. personnelle Rudermann J.)

19 – SIVIN (N.) – Traditional medicine in contemporary China. Center of chinise study. University of Michigan ; 1987.

20 - SOULIE de MORANT (G.) – L’acupuncture chinoise. Maloine, Paris, 1972.

21 - TRIADOU (P) – Histoire du Su wen et tradition de L’Empereur jaune. Revue franç. d’acupuncture N°83, 1995.

22 - UNSHULD (P) –Medicine in China . A History of Ideas – University of California Press, London, 1985.

23 - UNSHULD (P) – Nan ching ( translated and annoted by). University of California Press, London, 1986.

24 - UNSHULD (P) – Les Médecines Chinoises. Indigène Edition, Montpellier, 2001.

25 - WANG (S.H.) – Mai jing ( traduit et présenté par Nguyen V.N, Bui V.T, Recours-Nguyen C.) Marseille, 1993.

26 - YANG (J. Z. ) – Zhen jiu da cheng ( traduction présentée par J.C. Darras). Paris. 1980.