LE COUPLE POINT-MERIDIEN :

DE LA TRADITION A LA MODERNITE

 

AMA74 : Association des Médecins Acupuncteurs de Haute-Savoie

1, rue de le Treille 74100 AMBILLY

 

Docteur Emmanuel Escalle

16 rue de la Paix - Annemasse 74100

  

Résumé :

Point et méridien forment un couple car ils sont deux abords inversés d’un même espace-temps.

L’étude montre comment la polarité Yin-Yang reste le lien entre l’approche traditionnelle et la modernité de l’acupuncture.

En revenant au sens du couple, l’auteur propose une vision novatrice du concept de méridien.

L’étude montre les travers de l’évolution qui nous ont éloigné du Sens du point de la Tradition.

L’auteur revient ainsi aujourd’hui au principe de la Tradition.

  

 Mots clefs: Point - Méridiens - Acupuncture - Espace-Temps

 

Docteur Emmanuel Escalle

16 rue de la Paix

74100 - Annemasse

Emmanuel.Escalle@wanadoo.fr

Passer de la tradition à la modernité........

 

C’est relier deux époques différentes :

Un passé d’où est issu la tradition, ce qui est à transmettre, et un présent actuel moderne dans ce qui est transmis.

Ce passé et ce présent peuvent se fixer par deux points, deux instants dans l’écoulement du temps.

La durée, cet espace entre deux instants du temps, peut se représenter sur une droite dans une conception linéaire de l’écoulement du temps, alors qu’elle est figurée sur un cercle dans une conception cyclique.

Tradition et modernité ne peuvent pas se superposer dans une conception linéaire du temps alors qu’elles peuvent coïncider dans une conception cyclique.

 

 

 

 


 

 

 

 

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conception discontinue                                                  conception continue

du temps linéaire                                                          du temps cyclique

 

C’est aussi relier deux localisations dans l’espace :

La culture chinoise à un bout du continent asiatique et la culture occidentale à l’autre bout du continent européen.

Le lien entre ces deux endroits géographiques est un trajet physique, par lequel se sont faits les échanges interculturels, représenté par un arc de cercle à la surface du globe terrestre et délimité par deux méridiens.

  

Tradition chinoise et modernité européenne sont presque aux antipodes alors qu’elles peuvent coïncider à l’intersection des deux méridiens c’est à dire aux pôles ou sur l’axe.

 

conception discontinue                                                          conception continue

de l’espace                                                                              de l’espace

 

 

Nous avons donc deux façons d’aborder la transmission de la tradition à la modernité.

 

Un abord Yang qui repose sur la continuité :

c’est un point du cercle ou un pôle de la sphère.

 

La démarche Yang réunit, relie des données, des faits, des expériences différentes à un principe commun.

Elle procède d’un raisonnement inductif dont un exemple est le raisonnement analogique.

Elle repose sur le point.

 

Un abord yin qui repose sur la discontinuité :

c’est un segment sur la droite ou un arc sur la sphère.

La démarche Yin sépare, analyse les conséquences d’une loi, les déductions d’un principe, les applications d’une théorie.

Elle procède d’un raisonnement déductif dont un exemple est le raisonnement scientifique.

Elle repose sur l’intervalle.

  

 

La continuité dans

l’Espace-Temps du point d’acupuncture

 

Pour entrer dans l’espace-temps d’un point d’acupuncture, j’emprunterai une métaphore au monde du théâtre.

1

Un acteur interprète sur la scène le texte d’un auteur. Il le met en scène et lui donne vie.

La tradition se perpétue avec le texte. La modernité fait une interprétation du texte, à chaque fois différente, selon le jeu des acteurs.

Le jeu de l’acteur met en lumière le sens du texte de l’auteur si bien que le même texte peut s’interpréter de plusieurs façons .

Le point d’acupuncture a un nom, un texte, un sens, que l’on rejoue à chaque fois qu’on l’interprète en le piquant.

 

 

En nommant un lieu du corps par un texte, nous créons un espace-temps.

 

 

L’autrefois utilisait deux idéogrammes, parfois trois, pour nommer ce lieu de l’espace : un substantif et un qualificatif , un déterminé et un déterminant.

La nomination chinoise des points est une démarche analogique qui renvoie à un Principe et à sa dualité manifestée.

Tian Shu par exemple crée une image qui place la représentation du corps de l’homme dans une interaction du ciel et de la terre. Le "  pivot ou charnière céleste " est au niveau de l’ombilic. C’est le même Shu que celui du Ling Shu livre de base en médecine chinoise dont le titre peut se traduire par " pivot ou axe spirituel ".

 

 

C’est la nomination du vivant qui crée cette représentation spatio-temporelle car ce lieu du corps est le même chez chaque individu quelque soit le lieu et l’époque où il a vécu.

Si on écrit son nom sur une statue de bronze ou sur une planche anatomique, c’est pour pouvoir le perpétuer sur chacun de nous en partant du postulat que l’homme chinois, européen, de bronze ou de papier procède d’une même unité. C’est la définition du raisonnement analogique.

 

L’aujourd’hui associe aussi deux éléments pour désigner le point. Désigner un point ce n’est pas le nommer.

 

Cette désignation associe deux éléments de nature différentes : un numéro, symbole de la discontinuité, et un organe ou une fonction organique, expression d’une déduction qui divise l’organisme pour déterminer l’organe.

Si Tian Shu est un nom, il n’en va pas de même de l’ appellation :

 

E 25 ou 25 E ou 25 Tsou Yang Ming

qui essaye de réunir deux éléments qui ont été séparés par notre esprit.

C’est le résultat de notre formation scientifique, qui pour faire de l’acupuncture, essaie de séparer le Ciel de la Terre afin d’y glisser l’Homme.

C’est la même démarche qui nous fait appeler psychosomatique une symptomatologie qui n’a jamais été séparée dans la réalité du patient mais que nous avons coupé en soma et en psyché par un raisonnement, afin d’y glisser entre les deux la symptomatologie. Nous essayons de désigner par ce mot la réalité indivisible de la vie du patient que nous avons coupée par notre raisonnement.

 

 

 

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Tradition signifie étymologiquement transmission. Cela nécessite un

déplacement dans l’espace et dans le temps.

 

 

Peut-être avez-vous déjà joué au jeu du téléphone qui consiste à envoyer dans l’oreille du voisin un message, qui se répète à l’oreille de son voisin, qui le répète à son voisin et ainsi de suite jusqu’au bout de la chaîne.

La plupart du temps, le message à l’arrivée n’est pas conforme au message d’origine et plus la chaîne est longue, plus il est déformé.

C’est la raison pour laquelle, afin qu’il y ait un témoin objectif on l’écrit sur un bout de papier.

Supposons que maintenant nous jouions au jeu du télégraphe, en demandant au voisin de retranscrire un texte qui le transcrira à son voisin qui le recopiera et ainsi de suite jusqu’au bout de la chaîne.

On s’apercevra vite que l’écrit a subi aussi les mêmes déformations que l’oral.

L’écrit chinois s’est déplacé dans le temps à l’intérieur de la Chine.

 

Certes la scribe était saoul, l’empereur simplifia l’écriture, et les styles se sont succédés. Ce qui a modifié le message dans sa forme.

Mais le message s’est aussi modifié dans le fond car l’écrit n’est que la traduction de l’oral.

Or dans la grammaire de la langue parlée chinoise, le pronom personnel de la troisième personne du singulier est unique (il n’y a ni masculin, ni féminin, ni neutre). Ce qui veut dire que Ta peut désigner aussi bien un homme, une femme, un objet ou une notion.

On voit vite les contresens possibles dans l’interprétation écrite de ce qui a été entendu au jeu du téléphone.

Il est probable aussi que les premiers écrits, que nous prenons pour la tradition, ont travesti la réalité du message oral primitif en essayant de faire passer dans l’écrit toutes les nuances de l’oral. Le oui, par exemple, dit d’une certaine façon dans la langue parlée peut très bien vouloir dire non. En essayant d’en traduire le sens, un oui oral devient alors un non écrit.

 

De plus, une même syllabe phonétique peut avoir plusieurs graphies différentes si bien que celui qui a entendu répéter la syllabe Shi au jeu du téléphone et qui n’a plus le contexte d’origine peut l’écrire avec 19 graphies différentes.

Une fois écrit, le texte chinois n’a pas de ponctuation. Il est vite fait, dans le jeu du télégraphe, de faire glisser un caractère d’un mot à un autre ou d’une phrase à l’autre .

De plus certains caractères ont une double ou une triple lecture correspondant à des sens différents. La graphie " les fils " par exemple référe aussi bien à la paternité qu’à la couture selon le contexte.

C’est ce contexte que se sont efforcés d’expliquer les commentateurs.

Les commentaires sur les écrits ont donc constitué la modernité de l’époque où ils ont été écrits alors que pour nous ces commentaires constituent la tradition.

 

Chaque commentateur a modernisé la tradition pour la rendre intelligible à ses contemporains et tout cela s’est transmis en colorant le message d’origine des couleurs des différentes époques qu’il a traversé. Nous n’échappons pas bien sur à la règle.

 

L’écrit chinois s’est aussi déplacé dans l’espace à l’extérieur de la Chine.

 

Après le jeu du téléphone et du télégraphe, c’est maintenant le jeu du télépathe qui se joue.

Mattéo Ricci, le premier, a publié en 1605 un ouvrage de caractère chinois avec une transcription alphabétique. Il était jésuite, missionnaire en Chine et voulait faciliter l’apprentissage de la langue chinoise aux européens.

Les systèmes de transcriptions essayent de traduire une graphie chinoise par des mots avec un alphabet européen.

 

 

 

 

Il s’agit donc d’écrire ce que l’autre a pensé.

 

 

Le résultat est que Zhou You Guang a recensé dans son traité sur la réforme de l’écriture

chinoise, 35 systèmes différents de transcription du chinois.

Le problème en effet consiste à faire coïncider deux espaces-temps différents.

 

 

 

Un espace/temps chinois basé sur une conception cyclique du temps que l’on peut se représenter ainsi :

 

 

 

 

 

 

et un espace/temps européen appuyé sur une représentation linéaire du temps qui peut se développer ainsi :

Dans la conception chinoise le rapport temporel entre le signifiant et la graphie est indifférent. Il n’y a pas le avant ou le après de la représentation occidentale , entre la graphie et le signifiant . C’est la différence qui existe entre une induction et une déduction linguistique.

Pour pouvoir jouer correctement au jeu du télépathe avec la graphie chinoise, il faudrait donc qu’un européen puisse " écrire un événement qui n’aurait pas été nommé " .

 

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Le nom d’un point d’acupuncture est un texte qui n’échappe pas à ce schéme.

 

Nous avons traduit par point ce qui est représenté par la graphie

 

 

 

XUE

une séparation faisant habitation.

 

L’événement est nommé dans la terre: La caverne dans la séparation naturelle des roches dont on faisait son antre ; le trou dont on a fait sa tanière qui est devenu un gîte; le creux dans le sol a même désigné la fosse d’une tombe.

 

Le signifiant est : un creux, un vide, un trou, un intervalle, un espace...... habité et couvert.

La graphie nomme un trou couvert, il faut donc aller sous la peau pour chercher l’événement, l’habitant, entre les masses musculaires, osseuses ou aponévrotiques.

La modernité déductive trouve dans cet espace des corpuscules, des récepteurs nerveux, des liquides, des substances chimiques ,etc..

La tradition téléphonique est implicitement inductive, l’habitation réfère à l’être humain, à la vie et à son origine duelle qu’il faut séparer pour y pénétrer.

 

Le point d’acupuncture

( de pénétration dans le trou)

 

est un lieu des souffles.

 

 

 

 

 

En accédant aux souffles on entre dans un espace temps inductif.

 

 

La graphie de l’habitant du trou, du QI est désignée par un aspect céleste et un aspect terrestre, par la vapeur au dessus d’un grain de riz .

 

 

 

 

 

 

 

 

L’événement est un processus de transformation, qu’il soit la cuisson des céréales ou l’extraction de la matière sous forme de vapeur.

Le signifiant n’est en tous cas pas le mot énergie tel que nous le concevons dans notre raisonnement déductif.

 

 

 

Pour cerner cette notion, il faut extraire du chapitre 5 du SU WEN trois affirmations.

 

 

 

Une affirmation de transformation:

 

 

La métamorphose du principe vital (essences) fait les souffles

 

 

 

Une affirmation de création:

 

 

 

Les souffles engendrent les formes

 

 

 

Une affirmation de mouvement:

 

 

Les souffles retournent (appartiennent) au principe vital.

 

 

Plutôt que de définir le QI , n’est-il pas préférable d’essayer de sentir ces aspects de transformation, de création et de mouvement que nous avons mal traduit avec nos termes d’énergie nourricière, énergie ancestrale ou énergie de défense.

Pour cela il faut entrer dans un espace/temps manifesté chez un individu en chair et en os. Il ne s’agit pas de l’espace/temps de la physique, des équations mathématiques ou de la relativité, mais de l’espace/temps biologique, celui que vit et qui est vécu par chaque être humain.

Il est bien sur inductif puisque c’est la Vie qui est vécue par chacun de nous, mais il pourrait aussi être déductif si chacun devait vivre sa vie.

C’est ce que nous allons voir.

 

 

La discontinuité dans

l’Espace-Temps du méridien d’acupuncture

 

 

 

Nous avons vu que la démarche inductive reposait sur le point, réunion ou coïncidence dans l’espace/temps.

La démarche déductive repose elle sur l’intervalle. Elle sépare d’abord deux aspects du temps ou de l’espace pour les réunir ensuite par une opération mentale. C’est ainsi que se construit le raisonnement scientifique qui permet de reproduire un fait à un autre moment ou dans un autre endroit.

Le méridien est une production de l’esprit destiné à créer des intervalles dans l’espace te

mps du globe terrestre pour pouvoir l’appréhender et se le représenter. C’est une non-entité. Ne pouvant être partout à la fois ou au même endroit indéfiniment nous sommes obligés de recourir à cette séparation pour pouvoir appréhender l’intervalle.

La conséquence est qu’un méridien d’acupuncture est une représentation mentale destinée à relier des éléments séparés dans l’espace du corps ( des points dit d’acupuncture) et/ou des éléments séparés dans le temps ( des générations d’individus qui se succèdent).

 

Quelle est la meilleure représentation pour relier deux endroits de la terre ou deux moments dans le ciel ? Il n’y en pas de meilleure que celle du cycle de l’eau.

 

L’eau relie les montagnes à la mer, les fleuves s’écoulent, tranquille au fil des générations. Elle s’évapore de la mer pour monter au ciel et s’y déplacer au moyen des nuages au gré du temps. Elle retombe sur la terre avec la pluie et s’infiltre sous nos pieds dans une nappe souterraine d’où elle resurgit pour continuer le cycle.

Cette observation pragmatique de la nature est devenue pour les chinois un modèle de réunion de ce qui est séparé. Ce modèle est symbolique en soi. Le symbole est d’autant plus fort que l’eau est le fondement de l’entretien de la vie du végétal, de l’animal, ou de l’humain.

 

L’Homme s’est approprié ce symbole et a cherché à maîtriser l’eau. Il s’est déplacé sur la mer, a recueilli la pluie dans des citernes, a canalisé avec des digues l’écoulement des fleuves et a irrigué ses cultures.

C’est l’irrigation des rizières qui est à l’origine de la représentation des Jing-Mai

chez l’être humain.

 

 

 

 

 

 

Jing : un homme penché sur un réseau de canalisation.

Mai : Le réseau d’animation du corps perceptible au pouls

 

 

JING MAI

 

 

 

Ces vaisseaux-méridiens représentent le lien qui relie la discontinuité

chez l’être humain. Une fois ce modèle établi, il devient alors possible d’ appréhender l’intervalle, de le fractionner, de le nommer.

C’est ainsi que les chinois du quatrième siècle avant JC ont eu six méridiens, ceux du deuxième siècle avant JC en ont eu neuf puis onze, et ceux du premier siècle après JC en ont eu douze. Depuis les fractions de notre horloge sont restées stationnaires et nos fuseaux horaires ont doublé la mise.

 

L’étude du Dr J-L Laffont sur l’eau et l’évolution du système des méridiens dans le Nei King et celle du Dr J-P Roux sur fleuves et méridiens dans le LS 12 sont très instructives sur ce sujet. Cette évolution du nombre des méridiens montre bien qu’ils ne sont pas une réalité anatomique mais un système de représentation.

 

Nos représentations scientifiques ont bien évolué depuis. Nous sommes passés d’un modèle hydraulique, à un modèle thermodynamique puis à un modèle ondulatoire. Il n’est donc pas étonnant de voir le Dr J-M Kespi présenter ces méridiens-vaisseaux comme des lieux privilégiés de résonance d’un phénomène.

Le problème est que c’est la dialectique qui résonne et non le phénomène. La dialectique est comparable au raisonnement scientifique, elle sépare d’abord pour réunir ensuite, par une opération mentale. C’est une façon cartésienne d’appréhender l’intervalle.

 

Depuis notre modernité a encore évolué. Le lien qui relie la discontinuité repose aujourd’hui sur l’informatique. Le modèle signifié par les chinois avec leurs méridiens-vaisseaux est aujourd’hui ,pour notre modernité scientifique, celui qui nous est désigné par la transmission de l’information.

La notion de réseau maillé, de toile , de Web ( WWW=Word Wide Web), de toile tissée au niveau mondial, est ce qui nous permet aujourd’hui de relier deux ordinateurs séparés dans l’espace et, dans un temps variable selon le débit de la conduction de l’information.

La toile permet la transmission de l’information sans matérialiser le trajet de cette information . Ce n’est pas un trajet virtuel, mais nous ne pouvons nous le représenter.

C’est pourquoi on se réfère aujourd'hui à la notion d’interface.

 

De la même façon que la Toile(web) est l’interface de deux ordinateurs communicants,

 

un méridien d’acupuncture

est un interface

entre deux mondes en interrelation

Un nouveau paradigme : le méridien d’acupuncture interface.

Cet interface est bien le lien de la discontinuité de notre espace puisqu’il nous permet de relier un ordinateur chinois à un ordinateur européen.

Il relie aussi la discontinuité de notre temps. C’est le lien qui est souligné par un trait sur un texte du web. Il nous permet d’une seule pression de l’index sur la souris de transformer une petite flèche en une main, de couper le trait et d’établir alors une relation entre deux informations discontinues dans le temps.

Ce lien nous permet de mettre au présent des informations du passé. Relier cette discontinuité temporelle grâce à l’informatique est l’objet de la recherche scientifique de l’épidémiologie ou de l’ évaluation.

L’informatique repose sur la séparation du zéro et du un pour coder l’information qu’el

le relie ensuite par un système conceptuel appliqué. C’est la même démarche que celle qui a fait de nous des médecins scientifiques, formés par nos maîtres universitaires, à dichotomiser l’être humain.

Notre formation d’acupuncteur nous a équipé d’un modem. Le modem est un modulateur-démodulateur capable de transformer des signaux numériques binaires ( zéro ou un) en signaux analogiques ondulatoires et vice-versa. Nous sommes donc capables de faire de l’analodéduction.

C’est pourquoi il est de notre rôle de rappeler à nos confrères que la science n’est qu’une représentation conceptuelle de la vie, mais qu’elle n’est pas la Vie.

En d’autres termes, ce n’est pas l’interface qui sépare les mondes. Il n’y a qu’un seul monde. C’est nous qui le séparons avec notre esprit et qui fabriquons l’interface.

C’est nous qui substituons à la perception de la réalité une représentation mentale que les neurobiologistes désignent du nom de carte neuronale.

Le monde des souffles est un monde inductif. Ce n’est pas en élaborant un interface scientifique que nous pourrons l’appréhender car nous n’explorerons alors que les facettes de cet interface ce qui n’a rien à voir avec ce qu’il y a dans l’intervalle.

 

 

Ce n’est pas en supprimant la vie qu’on peut la démontrer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La conclusion sera pour un anthropologue Jérémy Narby qui nous rappelle à l’ordre inductif lorsqu’on veut relier tradition et modernité.

Si l’on déroule les deux brins d’une chaîne d’ADN d’une seule cellule d’un être humain, on obtient une longueur de un mètre quatre vingt dix huit (Callacine et Drew 1992) dont seulement 2% est codant génétiquement.

Cet enroulement très complexe de 2 mètres pelotonné à l’extrême dans le noyau d’une cellule émet des photons, donc de la lumière (Galle 1991 - Popp,Qiao Gu, Kettsualhi 1994). Il n’est pas encore démontré qu’il peut en recevoir.

Ce qui est parfaitement démontré par contre, c’est que si l’on déroule le brin d’ADN, il n’émet plus de photon.

Cela réduit considérablement la portée de l’annonce de la fin du séquençage du génome humain annoncée à grand renfort de médias. La recherche scientifique méconnaît la réalité inductive de l’ADN et particulièrement le rôle des 98% du génome non codant génétiquement et ce n’est pas en le coupant qu’elle y accédera.

 

La tradition nous disait au LS 54 par la voix de Qi Po:

 

Sang et souffles en totale communion

nutrition et défense dans un parfait libre échange

les cinq Zang totalement achevés

les esprits souffles viennent à demeurer dans le cœur

les Hun et les Po tout entier solidaire

tout cela accompli

fait un Homme

 

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BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

 

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