LES POINTS D’ACUPUNCTURE : FONDEMENT ET REALITES

AFA : (Association Française d’Acupuncture)
3 rue de l’Arrivée 75015 PARIS

Dr Gilles Andrès Président de l'AFA

 

Dr Jean-Claude Luong-si

82 avenue Emile Zola 173 rue Eugène Pottier

75015 Paris 35000 Rennes

 

Dr Florence Phan-Choffrut

2 Passage Privé

Parc Victor Hugo

93500 Pantin

 

Résumé

Le caractère désignant les points d’acupuncture en chinois (xue) signifie grotte, cavité, caverne. Le point d’acupuncture est un creux, une caverne où convergent et se concentrent les souffles. Là s’opèrent les changements et les transformations (bianhua) des souffles qui y demeurent. La caverne est aussi un symbole du monde, et le plus ancien ouvrage d’acupuncture qui les décrit, le Jiayi jing, donne pour chaque point son nom (Ciel), sa localisation (Terre), sa caractéristique énergétique (Homme) et son mode de puncture indiquant le moyen d’accès aux souffles qui s’y trouvent. Chaque point forme une unité correspondant à la grande triade Ciel-Terre-Homme. Dans chaque point se crée une interaction entre le Ciel (le nom caractérisant son essence et sa fonction) et la Terre, lieu symbolique du corps où il est situé. La résultante est l’Homme, c’est-à-dire la résonance énergétique (taiyang, shaoyang, yangming, taiyin, etc…) qui l’anime.

L’étude depuis une vingtaine d’années des points d’acupuncture et l’expérience clinique de leur action de façon spécifique en tenant compte de la résonance énergétique, du nom et de la localisation (souvent comprise d’un point de vue symbolique) nous ont amené à ne puncturer que très peu de points par patient (voire un seul point) cherchant ainsi à définir la transformation qui doit s’opérer pour guérir. Nous sommes passé de traitements de syndromes (vide de reins, feu du foie, etc…) avec beaucoup de points à un traitement spécifique pour chaque patient, ce qui a eu pour conséquence de développer les notions de typologie énergétique et d’apporter des résultats cliniques beaucoup plus rapides, plus radicaux et plus profonds.

Cependant pour pouvoir parler de la même chose il faut être d’accord sur sa localisation, ce qui n’est pas évident compte tenu des variations observées dans les textes et de la pratique de chaque acupuncteur.

 

Introduction

Tout acupuncteur, qu’il soit "moderne" ou "traditionnel", fait appel pour traiter ses patients au point d’acupuncture. L’étude de la signification du caractère xue, le point d’acupuncture, et de sa relation avec les souffles, permet d’approcher la compréhension de son action thérapeutique de façon plus profonde et plus en rapport avec la tradition chinoise. Mais quand les acupuncteurs parlent d’un point d’acupuncture, parlent-ils de la même réalité ? Les variations du sens qui lui est accordé et de ses localisations peuvent laisser perplexe.

 

1. Signification du xue : le point d’acupuncture

 

Le point d’acupuncture chinois s’appelle xue.

 

L’idéogramme de xue ( ) est composée de deux éléments :

- l’élément supérieur représente le toit. Dans l’écriture antique ou calligraphique dite les vases de bronze, il se dessine de la façon suivante . C’est un toit ou un couvercle avec, au point tangentiel, une sorte de pointe ou d’antenne.

 

- l’élément inférieur est constitué de deux traits qui évoquent un cône ouvert ou en surface plane, une entrée ou une enceinte non fermée dont les côtés convergent vers le haut.

 

On pourrait traduire xue par un abri creux sous terre, grotte, caverne, fosse, cavité, trou. Mais xue signifie également le fait de percer un trou, ou dégager une fente, une ouverture pour voir l’autre côté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cas normal Cas pathologique

 

Comme vous pouvez le constater, par les méridiens traversent les souffles orthodoxes (zhen qi ), ou défensifs (wei qi ), représentés par les flèches en continue. Plus ils s’approchent à la surface du xue, plus ils convergent, se concentrent en augmentant leur puissance. Pour un sujet en bonne santé, ces souffles arrivés au xue renforcent la protection du toit et ne laissent pas pénétrer les souffles pervers d’origine externe (xie ). En cas de trouble pathologique, la toiture n’est plus imperméable, laisse envahir les souffles pervers : ceux-ci pénètrent par l’antenne et descendent progressivement (ces souffles pervers sont représentés par les flèches discontinues) et arrivent aux méridiens, aux parties profondes où ils attaquent les organes et entrailles, les articulations, etc…

 

 

Dans Suwen 35, ce phénomène est illustré de la manière suivante : en cas d’affaiblissement du qi (qi xu ), l’équilibre étant alors rompu, la protection perdant son efficacité, les souffles pervers peuvent s’infiltrer de façon incontrôlée à travers ces points xue, pénètrent dans les méridiens (Suwen 63, dans cette dernière explication). Or il faut bien retenir que cette protection xue est à la fois discrète et puissante. Discrète parce que se localisant en général dans les creux inter-articulaires ou inter-musculaires et puissante par la concentration des souffles qui cumulent comme n’importe quel flux au rétrécissement d’un goulot. Aussi, la puncture, les moxas ou les massages sur l’un des points xue peut exercer les effets thérapeutiques par le renforcement des souffles orthodoxes ou défensifs. Ainsi, les souffles pervers n’influent plus sur l’organisme.

 

En conclusion, j’attirerai votre attention du fait de cette dualité "Discrétion et Puissance" sur la fragilité et la vulnérabilité de ces points xue. Ces derniers risqueraient d’être endommagés par des actes inadéquats et répétitifs.

 

 

2. Fondement du point d’acupuncture

 

D’autres caractères sont employés en médecine chinoise pour désigner les points d’acupuncture : shu et yu. Le caractère shu signifie transporter, transférer, offrir, perdre, avoir le dessus . En médecine chinoise, il est souvent mis pour shu (le radical de la chair remplaçant le radical du char) et prend le sens de points de transferts, transpoints avec un sens général : points d’acupuncture en tant que lieu de transmission et de reflet des perturbations, et un sens spécifique concernant divers ensembles de points comme les bei shu, les points shu du dos et les wushu, les cinq points shu ou shu antiques des cinq agents (wuxing).

Parfois écrit sans le radical de la chair ou du char il se prononce yu et signifie étymologiquement "creuser dans un tronc d’arbre, une pirogue". Encore une histoire de creux. Ce caractère signifie oui, d’accord, consentir, d’où la traduction française ancienne des points shu du dos comme points assentiments. En fait il s’agit de points qui transmettent le souffle. On peut aussi remarquer que yu, employé à la place d’un autre caractère de même prononciation, signifie en médecine traditionnelle chinoise : guérir, recouvrer la santé.

 

Le caractère essentiel pour désigner les points d’acupuncture reste cependant xue : la caverne. L’écartement de la roche laisse apparaître un vide de la même façon que la séparation du Ciel et de la Terre crée le vide médian où l’assaut des souffles manifeste la vie. Il y a une vingtaine d’années dans un article publié dans la Revue française d’acupuncture intitulé "Le creux de la tradition", François Beyens faisait remarquer combien l’expression xian zhe zhong "au milieu d’un creux" revenait fréquemment dans la localisation des points, en particulier dans le premier ouvrage à en parler, le Zhenjiu jiayi jing. A l’image du Ciel/Terre, le vide créé dans le point d’acupuncture est le lieu de manifestation de la vie, le lieu des souffles, du qi. Le vide c’est aussi ce qui permet l’échange, la circulation, la communication et la transformation. Sans vide les choses resteraient figées et ne pourraient ni circuler, ni communiquer, ni évoluer. On comprend dès lors l’unité des relations que la tradition chinoise attribue au vide, aux mutations (yi), aux changements (bian) et transformations (hua) et au qi qui en est la manifestation. C’est pourquoi la recherche de la réalité ultime dans le taoïsme est orientée vers le vide (xu) en prenant appui sur le qi.

 

Reflet particulier de la manifestation du vide créé entre le Ciel/Terre, le point d’acupuncture est une image du monde. C’est ce que confirme le symbolisme traditionnel de la caverne. Elle est souvent représentée voûtée pour signifier le Ciel, la Terre étant en bas, l’espace entre les deux représentant la vie manifestée. Sur le plan initiatique la caverne est le lieu d’une nouvelle naissance, de la seconde connaissance qui est passage d’un monde extérieur chaotique à un monde intérieur ordonné. Signalons que le cosmos en grec signifie l’ordre et que le monde en latin signifie le pur, la purification étant un signe d’ordonnancement et de clarté, donc de lumière ; La caverne est passage des ténèbres à la lumière ; lieu de germination elle est passage d’un état à un autre état. Toute germination se fait dans l’obscurité : la graine en terre, l’enfant dans l’utérus de sa mère, etc… de même la mort est un autre passage et dans beaucoup de traditions on enterre les morts dans les tombeaux. En Occident le Christ symbole de lumière est né dans une grotte et ressuscité dans un tombeau, la grotte et le tombeau étant les équivalents de la caverne. Les Empereurs de Chine étaient enfermés dans une grotte souterraine avant de pouvoir s’élever au Ciel à l’orée de la nouvelle année. Lao zi serait né selon certains textes dans une caverne. Liu Dongbin est "l’hôte de la caverne" (Bin signifie "hôte", Dong signifie "caverne, trou, communiquer, ouvrir, pénétrer profondément, comprendre à fond, vide, creux"). La caverne est aussi reliée à l’idée de centre en tant que point le plus intérieur et le plus caché, d’où le symbole de la caverne du cœur ; il s’agit de quelque chose de caché et non accessible directement, de très petit, de punctiforme pourrait-on dire, mais contenant potentiellement toutes les virtualités d’où surgira "au commencement"(initium) ce qui va naître ; il y réside le principe de l’être. C’est la jonction, l’union entre l’universel et l’individuel.

 

Ces considérations succinctes sur la caverne et le point d’acupuncture nous amènent à envisager ce dernier d’un point de vue beaucoup plus essentiel que celui qu’on lui accorde généralement. Lieu particulier de la manifestation de la vie et du souffle, il est :

- un lieu vide, source de toutes les potentialités contenues dans ce vide

- un lieu de changement d’état, de transformation

- un lieu de germination, de nouvelle naissance

- un lieu central, principiel qui relie l’individuel et l’universel.

 

Ces caractéristiques expliquent le pouvoir de guérison du point d’acupuncture qui, dès qu’il est sollicité par le massage, l’aiguille ou le moxa, éveille dans la personne une potentialité et une transformation qui réharmonisent, guérissent (la nouvelle naissance) et replacent l’homme en lui-même et dans les liens qu’il tisse avec l’univers. Cette constatation ne découle pas seulement de l’aspect théorique que nous venons de développer, mais aussi de notre pratique où dans de nombreux cas l’acupuncture n’a pas seulement effacé le symptôme, mais apporté une transformation de la personne.

 

Le plus ancien ouvrage qui nous soit parvenu traitant de façon systématique des points d’acupuncture et de leur localisation est le Zhenjiu jiayi jing, écrit au IIIe siècle après J.C.. Ce "Classique ordonné de l’acupuncture" reprend de façon thématique le Suwen , le Lingshu et un ouvrage perdu le Mingtang. Il comprend douze livres, le premier étant consacré aux principes et à la physiologie de l’acupuncture, le deuxième aux méridiens et le troisième, qui nous intéresse ici, exclusivement aux points d’acupuncture. Remarquons encore ici cette 3ème position réservée aux points d’acupuncture, le nombre 3 étant celui de la grande triade Ciel/Homme/Terre et celui des souffles (qi).

 

Les points sont décrits immuablement de la façon suivante :

- son nom ou ses noms

- sa localisation

- ses caractéristiques énergétiques

- son mode de puncture.

 

Dans cette présentation on retrouve, comme dans la caverne, la grande triade chinoise : le Ciel, l’Homme et la Terre. Le nom du point caractérise son essence (le ciel), sa localisation manifeste son enracinement en terre et les caractéristiques énergétiques, indiquent sa modalité d’animation, le type des souffles qui sont présents, répondant ainsi à l’Homme entre Ciel et Terre. Quant aux méthodes de puncture, elles sont les moyens qui permettent d’accéder aux souffles qui se tapissent dans la caverne du point.

Tous ces éléments ne sont pas de simples conventions ou le fruit du hasard, mais répondent à une vision précise de l’homme dont la connaissance permet une approche plus précise des fonctions des points et une perception plus profonde des troubles des patients.

Le nom caractérise l’essence du point. Le fait de donner un nom à chaque point, voire plusieurs noms, et non pas un numéro comme nous le faisons en Occident est une façon de lui conférer une identité et par là un esprit, une âme particulière susceptible de nous orienter dans les indications. C’est évident pour les points qui portent certains caractères comme shen (esprit) qui ont tous une action sur le mental, men (porte) qui évoquent un passage etc…, mais ce peut être beaucoup moins évident comme pour shi la pierre : dans la mythologie chinoise Yu le Grand est né d’une pierre et l’on ne sera pas étonné de trouver des symptômes de stérilités dans les points qui portent le nom de shi comme shimen (5 RM), shiguan (18 Rn) ou shigong (nom secondaire de yindu 19 Rn). En chinois la femme stérile se dit shinu. Tous les noms des points revêtent ainsi un nom propre et il n’est pas rare dans notre pratique quotidienne de puncturer un point en fonction de la résonance de son nom avec la souffrance d’un patient.

 

Le corps de l’homme n’est pas seulement un composé d’os, de chair, de souffle et de sang. Il prend aussi une forme (xing) et cette forme est une image symbolique (xiang) du monde et du principe. C’est pourquoi la localisation du point est elle aussi une source intéressante d’indication. Les points du corps ayant une résonance céleste seront plus indiqués chez une personne subtile, et les points du bas du corps proches de la terre seront davantage réservés à des personnes plus grossières.

De même les points sur une artère (mai) portent des indications plus dynamiques que les points proches des os qui recèlent davantage de réserve de puissance et de jing. Si l’on avance plus dans le détail les points des membres supérieurs gouvernent davantage les troubles de la distribution énergétique dans l’espace (comme en témoignent de façon extrêmement claire les points neiguan (6 MC) et waiguan (5 TR), alors que les points des membres inférieurs seront plus en rapport avec un trouble de la dynamique (ce qui est évident par exemple pour les points zhaohai (6 Rn) et shenmai (62 V)

La symbolique peut être plus précise, chaque région du corps ayant une propriété particulière. C’est ainsi que les points de l’épaule de nature plus céleste que ceux de la hanche ont aussi une relation avec la responsabilité et la capacité à prendre ses responsabilités. Jian "épaule" signifie étymologiquement "porter la palanche" et par extension porter une responsabilité. Dans les langues européennes nous avons la même expression "porter sur ses épaules" dans le sens de porter une responsabilité. C’est l’image d’Atlas qui dans la mythologie grecque part, après sa défaite, chargé en montagne et condamné à porter éternellement la voûte écrasante des cieux. On pourrait ainsi multiplier les exemples de façon indéfinie.

 

En troisième lieu, le Jiayi jing donne la qualification énergétique du point, c’est à dire le type du souffle des méridiens qui en surgissent ou s’y rencontrent. Pour chaque point il est écrit : " le souffle de tel ou tel méridien (taiyang de main, taiyang de pied, shaoyang…) surgit (fa) ", ou bien " c’est un point de rencontre (hui) de tel et tel méridien et, l’on voit ici apparaître les méridiens extraordinaires. " Par exemple " le zhongzhu (15 Rn) est souvent un point de rencontre du shaoyin de pied et du chongmai. "

Mais lorsqu’il s’agit de l’énergie du seul méridien c’est le terme fa qui est employé, caractère dont le sens de surgissement, déploiement, rappelle régulièrement le jaillissement des souffles à l’intérieur du Ciel/Terre de la cosmologie chinoise. Ainsi il est écrit pour le zhizheng (7 IG) : " Le souffle du taiyang de main s’y déploie. " Chaque point a ainsi une vitalité énergétique propre bien spécifiée pour chacun, ce qui revient à dire que la sollicitation d’un point du méridien taiyang de main signifie mobiliser spécifiquement ce type de souffle. On peut se demander ce que l’on fait quand on met des aiguilles sur 5 ou 6 méridiens ! De plus, sauf pour les points shu antiques (les wushu) il n’est jamais fait mention des organes ou des entrailles.

 

Le souci de comprendre le mécanisme de fonctionnement des points et de traiter les patients de façon plus étiologique a amené certains d’entre nous, et en particulier le Dr Paul Couderc, à établir une relation dans le traitement entre l’animation énergétique d’un point et la typologie énergétique du patient. Chaque individu a une résonance énergétique qui prédomine, (taiyang, taiyin, shaoyang, shaoyin, ou bois, feu, etc…) et constitue sa typologie énergétique. Si l’on arrive à déterminer quel souffle (qi) prédomine chez un individu, on choisira pour le traiter un point où ce souffle se déploie. L’expérience montre qu’en procédant de cette façon les résultats sont plus complets et plus durables pour un nombre de punctures beaucoup plus limité, pouvant aller jusqu’à un seul point par patient. Le fait que le Jiayi jing éprouve le besoin de spécifier pour chaque point la nature du souffle qui y surgit justifie cette méthode.

 

Depuis une vingtaine d’années l’Association française d’acupuncture a entrepris une très importante démarche pour comprendre l’action des points d’acupuncture. Nous avons nous-même écrit en 1988 un article pour proposer une méthode sur l’étude des points d’acupuncture. Cette méthode en dix points s’appuie, outre l’expérience clinique, sur des données traditionnelles et non sur les méthodes scientifiques modernes qui, jusqu’à présent, n’ont pas apporté de compréhension réelle de l’acupuncture, ni de nouveauté thérapeutique plus intéressante que celle des textes classiques.

Ce travail fait prendre à chaque point une "personnalité" et une importance qui imposent en quelque sorte le respect. Le point d’acupuncture initiateur d’une transformation doit être adapté à celle qui est demandée par le patient pour le guérir. Les traitements par acupuncture proposés par les chinois modernes avec les syndromes vide de rein, feu du foie, cœur er rein n’ont pas d’échange etc… nous laissent perplexes par la quantité de points employés et par la variation de leurs indications selon les écoles. Ces syndromes que l’on ne retrouve dans aucun texte classique d’acupuncture semblent tout droit adaptés de la pharmacopée chinoise et, à notre avis, assez peu adaptés à l’acupuncture. N’oublions pas que celle-ci a été interdite en Chine au palais en 1822 et en tant que médecine traditionnelle a été décriée pendant toute la première partie du XXe siècle, avant d’être remise à l’ordre du jour par Mao Zedong sans, bien sûr, la pensée métaphysique qui la sous-tend.

 

Le point d’acupuncture n’est pas seulement un pertuis sur un méridien pour faire circuler les souffles comme de l’eau dans une tuyauterie, mais le lieu même où l’on peut permettre à un patient d’accéder à sa propre transformation pour guérir et retrouver l’harmonie puisque la maladie se définit en médecine chinoise comme une rupture d’équilibre, une dysharmonie. Notre expérience nous fait dire que la puncture d’un seul point est plus efficace que les nombreuses associations prônées par la médecine chinoise, puncture qui permet à l’individu de regagner sa caverne pour renaître et se transformer.

Pour en arriver là nous combinons un certain nombre d’éléments diagnostics comprenant la symptomatologie physique et psychique, la localisation des troubles, la nature énergétique de la personne (est-elle taiyin, yangming ? ou bois, métal…), quand on le peut la résonance avec le nom du point et, sur un plan beaucoup plus prosaïque, la texture du point, son aspect en creux étant souvent une bonne indication pour sa puncture. Ayant ainsi envisagé et réuni les trois aspects Ciel-Homme-Terre du patient et du point d’acupuncture, il nous reste à utiliser la méthode de puncture préconisée pour permettre la guérison. C’est peut-être là un des secrets de la prévention prônée par la médecine chinoise, car jusqu’à présent les traitements saisonniers habituels ne nous ont pas convaincus.

 

Voici quatre observations à titre d’exemple :

 

A) Le sens des responsabilités

Monsieur Jacques J…, âgé de 42 ans, vient me voir ce 18 octobre 1993 en se plaignant d’"arthrose lombaire". Il souffre en effet depuis le mois d’avril d’une douleur lombaire diffuse irradiant parfois sur les deux côtés près du huantiao (30 VB), avec des douleurs brûlantes sur la face antérieure des deux genoux.

Ces douleurs apparaissent quand il est assis ou quand il reste debout, et s’améliorent à la marche. Elles seraient survenues à la suite d’un traitement hypo-cholestérolémiant (zocor puis lipanor). Tous ces signes semblent nous orienter vers une note shaoyang surtout si l’on ajoute l’aspect un peu monolithique et peu mobile du personnage. Les douleurs brûlantes des deux genoux évoquent cependant davantage le yangming. Nous restons perplexes et ce d’autant que monsieur J… ne nous est pas inconnu. Il avait consulté en avril-mai 1988, 5 ans auparavant, pour des rhino-pharyngites qui revenaient tous les hivers depuis l’enfance, à raison de 3 à 4 crises par an. Elles se manifestaient au début par des éternuements, une obstruction nasale, puis évoluaient d’un écoulement clair antérieur vers un écoulement postérieur composé de crachats verdâtres. Le tout se terminaient par un nez sec avec des croûtes et une aphonie. L’interrogatoire systématique relevait une amygdalectomie et une adénoïdectomie dans l’enfance, un kyste synovial au poignet, quelques crises hémorroïdaires, une soif intense, une transpiration abondante des pieds et un intertrigo, entre les 3e, 4e et 5e orteil à gauche, apparu à la suite d’une déception sentimentale en 1981, cet intertrigo gagnant parfois la région inguinale. Le traitement avait consisté à faire circuler le taiyin avec le dadu (2 Rt) et le taibai (3 Rt) en raison d’une tendance certaine à la rumination et à tonifier la respiration avec kufang (14 E) et tiantu (22 RM). Nous avions ajouté sans succès zhiyin (67 V) à gauche en saignée pour l’intertrigo. Trois séances à une semaine d’intervalle avaient suffi pour guérir ce patient. Une séance complémentaire avait été faite en octobre 1988 pour prévenir l’hiver.

Nous voilà donc perplexes devant ce patient qui n’est plus assoiffé, mais reste un célibataire endurci avec son intertrigo des orteils toujours pas guéri. Aussi nous changeons de sujet pour le faire parler de sa vie, de son travail. Il fait les "trois-huit" à la SNCF où il est chargé avec 3 ou 4 collègues de réguler le trafic ferroviaire de toute la région nord de la France jusqu’à Bruxelles. Visiblement son travail le passionne et il m’explique qu’il s’agit d’un boulot très stressant où il a beaucoup de responsabilités. D’ailleurs pour pouvoir faire ce travail il faut subir des tests psychotechniques particuliers. Notre homme nous apparaît en effet comme quelqu’un d’équilibré, de tranquille sans inquiétude ou angoisse particulière capable d’altérer sa concentration. Lorsqu’il se déshabille notre attention est attirée par ses épaules qui nous paraissent très tendues et qui sont sensibles à la palpation. Cette tension de la ceinture scapulaire très probablement liée à son travail nous rappelle qu’en chinois le caractère utilisé pour l’épaule jian signifie : "porter la responsabilité de". Un certain nombre de points ont cet idéogramme dans leur nom : jianyu (15 GI), jianjing (21 VB), jianliao (15 TR), jianzhen (9 IG), jianzhongshu (15 IG) et jianwaishu (14 IG). Nous choisissons ce dernier point jianwaishu (14 IG) parce que nous considérons que dans son cas la responsabilité qu’il porte est relativement extérieure à lui ; waishu signifiant point de l’extérieur. Ce point est très sensible au toucher, mais nous hésitons encore car aucune des indications de ce point ne porte "lombalgie". Ce point a une symptomatologie très pauvre : " douleur à l’épaule et à l’omoplate, bi de l’épaule avec sensation de froid glacé jusqu’au coude, contracture des muscles scapulaires, raideurs douloureuses du cou et de la nuque, rejet de sang par la bouche et remontée du souffle. " Nous nous décidons, malgré tout, à puncturer ce point. Le patient décrit dans la minute qui suite une sensation d’air frais et de fraîcheur dans le nez (rappelons nous ses rhino-pharyngites). S’agit-il de l’indication "remontée du souffle" ? C’est possible, car à la fin de séance, ce patient décrit une sensation de libération respiratoire et, une fois relevé, ne ressentait plus aucune douleur lombaire. Depuis sept ans nous avons revu ce patient à 4 ou 5 reprises pour des douleurs dorsales, lombaires et même un talalgie qui ont chaque fois disparu après la puncture du jianwaishu (14 IG).

 

B) Une femme chevaleresque en quête d’idéal

Mademoiselle Blandine P., âgée de 37 ans, consulte le 22 mars 2000 pour un eczéma des paupières qui dure depuis 2 ans. Les paupières gonflent, deviennent rouges et démangent. Cet eczéma évolue par crises, s’aggrave à l’énervement, se manifeste plutôt le matin et s’atténue le soir. Il a remplacé un eczéma du majeur de la main droite qu’elle avait depuis l’enfance.

Elle présente par ailleurs de nombreux autres troubles :

- céphalées fronto-occipitales, nuque et haut des épaules douloureux, maxillaire et oreille sensibles à droite, douleur dans les jambes avec lourdeur et gonflement,

- constipation

- syndrome prémenstruel avec des envies de suicide ou de tuer tout le monde, instabilité, ventre gonflé, les règles sont abondantes avec caillots,

- appétit normal mais nausées et vomissements quand elle est énervée. Elle est souvent ballonnée après le repas

- oppression dans la région du tanzhong (17 VC) et à la gorge avec sensation de blocage

- sommeil épouvantable avec réveils fréquents

- sifflements d’oreille intermittents, caries dentaires, gencives qui saignent, enrouements

- urticaire de temps en temps et rougeur en haut du sternum quand elle s’énerve

- Elle a peu soif, est plutôt frileuse, aime le vent, mais ne supporte pas l’humidité - chaleur qui l’oppresse.

- Elle a été opérée pour un ronflement, d’une varice à la jambe droite et s’est fait recoller les oreilles par un chirurgien esthétique. Sa mère et son père sont dépressifs. Elle est célibataire sans enfant.

Cette jeune femme blonde, assez mince aux longs cheveux laisse une certaine impression de froideur. Elle se dit insatisfaite, idéaliste. Elle souhaiterait changer les choses. Instable et facilement énervée par les autres, elle préfère vivre seule. Cet aspect réservé, son indépendance, l’apparente froideur, sa grande sensibilité à la cruauté, à l’injustice et son désir d’ordre ont évoqué pour nous le taiyin de main. La fonction taiyin est indiquée par l’aspect réservé, l’apparente froideur et l’indépendance. C’est le grand yin qui se suffit à lui-même et qui reste en retrait. La sensibilité à la cruauté, à l’injustice et le besoin d’ordre sont à attribuer au poumon qui en tant que premier ministre régule tous les souffles, tous les moteurs d’animation et les coordonne. Le pouls plus faible au pied nous confirme cette impression par son aspect tendu et gros au niveau du pouce droit traduisant probablement une non descente du souffle du poumon vers le bas.

Nous nous adressons alors au point xiabai (4 P) en raison de son nom : xia qui représente l’aspect chevaleresque de cette patiente par son désir de changer les choses vers un monde plus juste et moins cruel, et bai qui apporte la notion de couleur blanche du métal et de l’épée, arme du chevalier au service de la justice.

Une seule séance a suffi pour faire disparaître l’eczéma des paupières et nettement améliorer l’état dépressif de cette patiente. Elle s’est sentie beaucoup plus calme et tous ses symptômes ont presque disparu..

Nous l’avons revue quatre mois plus tard car, bien qu’allant mieux, le blocage thoracique et pharyngé, l’irritabilité et les troubles digestifs avaient tendance à revenir. Quant à l’eczéma il s’était depuis peu à nouveau fixé sur le médium de la main droite. Une nouvelle puncture du xia bai (4 P) faite il y a un an a, à nouveau, amélioré la situation.

 

C) Une beauté froide et rigide.

Madame Denise S., âgée de 43 ans, souffre depuis 7 mois d’une lombosciatalgie bilatérale qui, après avoir débuté à gauche s’est ensuite latéralisée à droite avec une irradiation douloureuse sur taiyang jusqu’au talon et vers le haut dans la région dorsale et pour finalement se localiser au niveau de D 12 avec des contractures de chaque côté de la vertèbre. Cette vertèbre (D 12) est lieu d’attache inférieur d’une tige de Harrington qui part de D 2 et qui a été posée à 16 ans pour une scoliose idiopathique prononcée. La douleur est brûlante, comme si elle avait un chalumeau dans le dos et donne la sensation d’être coupée en deux selon un trajet qui fait penser au daimai.

Deux points douloureux apparaissent dans les fesses quand elle marche longtemps et récemment une douleur lombaire avec sensation de gonflement l’avait obligée à rester deux mois au lit.

Cette femme d’une beauté froide avec un regard métallique où l’on sent une certaine dureté souffre de bronchites fréquentes avec encombrement. Elle est frileuse et n’aime pas l’humidité qui transperce, ni le vent qui provoque des bronchites. Elle note une tendance à la constipation, des règles douloureuses à type de contraction. Le bas-ventre est gonflé, l’appétit médiocre, elle souffre de migraines ophtalmiques, a tendance à la cyphose et la main gauche est souvent fourmillante et endormie. Elle a quelques fois des palpitations, se réveille la nuit à 3 h du matin et fait des rêves prémonitoires. La vision de l’œil droit est affaiblie (ce serait familial) mais, chose curieuse, elle dit que si elle ne voit pas bien, elle n’entend pas bien. Elle a besoin de voir pour percevoir les choses ce qui indique une prédominance nette de la vue sur les autres sens. Elle a soif mais ne boit pas, elle a quelques petits problèmes de peau (eczéma de l’aile du nez, verrues aux mains et aux pieds).

 

Elle est l’aînée de 3 enfants. Sa mère a eu un cancer du sein, son père un infarctus à 39 ans et une grand-mère était gibbeuse. Elle n’a pas d’enfant et serait stérile.

Elle se décrit comme émotive, sensible (elle présente un érythème pudique), elle dit avoir peu confiance en elle, avoir besoin de protection et des difficultés à s’opposer et à dire non. Depuis qu’une armoire lui est tombée dessus à l’âge de 18 ans, elle a peur de la mort.

Cette description contraste pourtant avec son regard métallique et elle avoue que depuis 3 ans elle a des envies de tuer une voisine ; c’est à cette époque qu’avait débuté la douleur lombaire. Elle éprouve le besoin de solitude et ne supporte pas qu’on lui touche le dos ce qui est pour nous un signe de plénitude dorsale avec blocage du souffle du dumai.

Le pouls est tendu, long, superficiel, à peine perçu au pied gauche.

Nous interprétons les troubles de cette patiente comme étant un blocage du souffle du dumai . Le dumai est ici évoqué facilement car les signes physiques et les signes psychiques auraient pu être trompeurs si nous n’avions pas décelé derrière l’émotivité et le manque de confiance de cette patiente une intransigeance, une sécheresse et une dureté intérieure confirmées par les sentiments violents qu’elle exprime. Nous situons le blocage du souffle du dumai au niveau de la 3ème vertèbre dorsale en raison des bronchites, du caractère métallique du regard et de l’envie de tuer, symptôme propre au shenzhu 12 DM, qui, pour nous, étant situé au niveau des points feishu (13 V) et pohu (42 V) a une connotation pulmonaire. Shen zhu, la colonne du corps, peut aussi être évoqué en raison de son nom puisque nous avons à faire à une cyphoscoliose.

 

Voilà 3 ans que nous voyons régulièrement cette patiente. La puncture du 12 DM profonde (3 cun environ) provoque dans l’instant la sensation d’un liquide qui s’écoule du point de puncture le long de la colonne vertébrale. Des problèmes de couple nous ont amené à la voir plus souvent que prévu (une fois par mois) en raison du retentissement dorsal des conflits psychologiques. D’autres points ont été envisagés : daimai (26 VB) pour la sensation d’être coupée en deux au niveau de la taille, zhongfu (1 P), taiyuan (9 P) pour la note poumon, laogong (8 MC) pour les fourmillements de main. Aucun de ces points n’a apporté de résultats satisfaisants sur ses troubles, seul shenzhu (12 DM) apporte une sédation physique et psychique durable. Cette patiente n’a par ailleurs plus fait de bronchite depuis 3 ans.

 

D) Agréable, dynamique mais tendue.

Madame Jacqueline S., âgée de 70 ans, vient consulter pour des extrasystoles ventriculaires survenues dans le cadre d’une insuffisance mitrale et aortique minime. Elle hésite à prendre le traitement par bêtabloquant que son cardiologue lui a prescrit.

Cette patiente, mère de 4 enfants, n’a pas eu de gros problèmes de santé au cours de sa vie. Elle suit actuellement un traitement hypolipidique (Lipanthyl) pour un cholestérol élevé et elle souffre de douleurs dorsales hautes et basses qui apparaissent surtout quand elle est assise. Ces douleurs proviennent d’une scoliose connue. Dans les antécédents familiaux, son père est décédé d’une cirrhose non alcoolique et sa mère de problèmes thyroïdiens. Fatiguée depuis un déménagement récent, elle est actuellement très gênée par ses extrasystoles qui s’accompagnent de troubles psychiques et musculaires : elle a des bouffées de chaleur avec transpiration surtout la nuit, des angoisses à l’idée qu’elle pourrait être malade, ce qui lui provoque des douleurs thoraciques ; elle souffre d’appréhensions (peur de perdre un enfant par noyade par exemple), avec des sensations de battements au cœur. Elle est claustrophobe. Elle dort bien, mais la vie onirique est intense avec parfois des cauchemars.

Le pouls est rapide avec extrasystoles, tendu au pouce et plus faible au pied surtout du côté gauche.

Cette patiente de corpulence fine, émotive, timide, remplie d’appréhensions, mais par ailleurs active et assez dynamique, évoque une résonance jueyin et plus particulièrement shou jueyin, maître du cœur, ce que confirme la pathologie vasculaire. La claustrophobie, la timidité, la tension, l’appréhension traduisent cette difficulté du yin à aller vers le yang et à céder sa prééminence.

 

Nous nous sommes adressé au seul point jianshi (5 MC) —jian : l’intervalle, shi : l’émissaire— qui en trois séances réparties sur 6 semaines a fait disparaître la plupart des symptômes. En raison d’une petite rechute un an plus tard, cette patiente est revenue au printemps pour une séance complémentaire avec le même point. Elle avait entre temps arrêté le Lipanthyl et le cholestérol semblait s’être stabilisé. Nous n’avons pas revu cette patiente depuis 6 mois, mais savons par son fils qu’elle va bien.

 

3. Tradition et modernité, pas de séparation ou " Sommes-nous d’accord sur ce point ? "

 

Tradition et Modernité, pas de séparation

Ou

" Sommes-nous d’accord sur ce point ? "

Si nous envisageons Tradition et Modernité dans un rapport yin-yang, il ne peut y avoir séparation.

Nous exerçons une médecine traditionnelle, et il nous est demandé d’en démontrer l’efficacité, c’est ce qu’on peut appeler modernité (médecine basée sur les preuves).

Démontrer l’efficacité c’est :

La " médecine basée sur les preuves " n’est qu’un outil conçu pour aider le médecin à choisir la conduite thérapeutique la plus adaptée à son patient " La médecine basée sur les preuves est l’utilisation consciente, explicite et judicieuse des meilleures preuves actuelles dans la prise en charge personnalisée des patients. " L’objectif est tout à fait défendable.

Mais savons-nous vraiment ce que nous faisons, en piquant un point ? D’ailleurs quel est ce point ?

Prenons l’exemple de VE 6, chengguan.

Dans les traités, les points de la tête sont localisés les uns par rapports aux autres.

Si je me réfère au Jiayijing : VE 6, chengguan est localisé à partir de la racine antérieure des cheveux, à 2 distances en arrière de VE 5, wushu, qui est à la même hauteur que VG 23, shangxing, donc à 1 distance de la racine des cheveux. Il est donc situé à 3 distances de la racine des cheveux.

Dans Nguyen Van Nghi : on le trouve à 1,5 distance en arrière de VE 5, wushu, qui est également localisé au même niveau que VG 23, shangxing lui même décrit à 1 distance de la racine des cheveux. Ce qui situe VE 6, chengguan à 2,5 distances de la racine des cheveux.

Dans Pékin : VE 6, chengguan est à 1,5 distance de VE 5, wushu, lui même situé à 0,5 distance de VE 4, quhai qui est situé à 0,5 distance de la limite des cheveux. Ce qui situe VE 6, chengguan, à 2,5 distance de la limite des cheveux.

 

Il y a une différence d’une demi-distance seulement, et il est vrai que nous devons tenir compte de la palpation subjective du point. Cette palpation devrait nous permettre de décider entre les différents ouvrages. Mais le risque d’erreur de localisation persiste.

 

Mon propos n’est pas de remettre en question la valeur des traités cités, mais de réfléchir à ce que cela signifie.

Si la différence est faible, elle devient importante quant à sa signification lorsqu’on veut évaluer le traitement. Qu’il y ait efficacité ou non du traitement appliqué, que nous nous placions dans le cadre d’une évaluation expérimentale ou dans le cadre de la recherche clinique, nous devons nous pencher sur ces problèmes de localisation.

Bien sûr nous pourrions utiliser des détecteurs électriques, mais ceux-ci permettent la localisation d’un point mais n’en permettent pas l’identification.

Bien sûr, il y a une nomenclature officielle, mais en cas localisation différente, pouvons nous attendre la même efficacité thérapeutique ?

 Quels arguments vais-je utiliser pour choisir une localisation plus que l’autre ?

 Je regrette de ne pas pouvoir apporter de réponse et je crois fermement qu’il nous faut réfléchir et travailler les localisations des points si nous ne voulons pas de séparation entre tradition et modernité.

 

Je remercie nos organisateurs d’avoir choisi ce thème.

  

Bibliographie :

 

Jiayijing III-1, Rev. Fr. d’Acup. 52, 53-65, 1987.

Nguyen Van Nghi, Art et Pratique de l’Acupuncture et de la Moxibustion, Editions N.V.N.

Précis d’acupuncture chinoise, Académie de médecine traditionnelle chinoise, Edition en langue étrangère, Pékin.

Trista Greenhalgh, Savoir lire un article médical pour mieux décider, Editions Rand.

 

 

Dr Florence Phan-Choffrut,

Parc Victor Hugo, 2 passage privé, 93500 PANTIN

Fax : +33 1 48 45 55 43 -Mél : choffrut-phan@wanadoo.fr

 

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