LES POINTS DACUPUNCTURE : FONDEMENT ET REALITES
AFA : (Association Française dAcupuncture)
3 rue de lArrivée 75015 PARIS
Dr Gilles Andrès Président de l'AFA
Dr Jean-Claude Luong-si
82 avenue Emile Zola 173 rue Eugène Pottier
75015 Paris 35000 Rennes
Dr Florence Phan-Choffrut
2 Passage Privé
Parc Victor Hugo
93500 Pantin
Résumé
Le caractère désignant les points dacupuncture en chinois (xue) signifie grotte, cavité, caverne. Le point dacupuncture est un creux, une caverne où convergent et se concentrent les souffles. Là sopèrent les changements et les transformations (bianhua) des souffles qui y demeurent. La caverne est aussi un symbole du monde, et le plus ancien ouvrage dacupuncture qui les décrit, le Jiayi jing, donne pour chaque point son nom (Ciel), sa localisation (Terre), sa caractéristique énergétique (Homme) et son mode de puncture indiquant le moyen daccès aux souffles qui sy trouvent. Chaque point forme une unité correspondant à la grande triade Ciel-Terre-Homme. Dans chaque point se crée une interaction entre le Ciel (le nom caractérisant son essence et sa fonction) et la Terre, lieu symbolique du corps où il est situé. La résultante est lHomme, cest-à-dire la résonance énergétique (taiyang, shaoyang, yangming, taiyin, etc ) qui lanime.
Létude depuis une vingtaine dannées des points dacupuncture et lexpérience clinique de leur action de façon spécifique en tenant compte de la résonance énergétique, du nom et de la localisation (souvent comprise dun point de vue symbolique) nous ont amené à ne puncturer que très peu de points par patient (voire un seul point) cherchant ainsi à définir la transformation qui doit sopérer pour guérir. Nous sommes passé de traitements de syndromes (vide de reins, feu du foie, etc ) avec beaucoup de points à un traitement spécifique pour chaque patient, ce qui a eu pour conséquence de développer les notions de typologie énergétique et dapporter des résultats cliniques beaucoup plus rapides, plus radicaux et plus profonds.
Cependant pour pouvoir parler de la même chose il faut être daccord sur sa localisation, ce qui nest pas évident compte tenu des variations observées dans les textes et de la pratique de chaque acupuncteur.
Introduction
Tout acupuncteur, quil soit "moderne" ou "traditionnel", fait appel pour traiter ses patients au point dacupuncture. Létude de la signification du caractère xue, le point dacupuncture, et de sa relation avec les souffles, permet dapprocher la compréhension de son action thérapeutique de façon plus profonde et plus en rapport avec la tradition chinoise. Mais quand les acupuncteurs parlent dun point dacupuncture, parlent-ils de la même réalité ? Les variations du sens qui lui est accordé et de ses localisations peuvent laisser perplexe.
1. Signification du xue : le point dacupuncture
Le point dacupuncture chinois sappelle xue.
Lidéogramme de xue ( ) est composée de deux éléments :
- lélément supérieur représente le toit. Dans lécriture antique ou calligraphique dite les vases de bronze, il se dessine de la façon suivante . Cest un toit ou un couvercle avec, au point tangentiel, une sorte de pointe ou dantenne.
- lélément inférieur est constitué de deux traits qui évoquent un cône ouvert ou en surface plane, une entrée ou une enceinte non fermée dont les côtés convergent vers le haut.
On pourrait traduire xue par un abri creux sous terre, grotte, caverne, fosse, cavité, trou. Mais xue signifie également le fait de percer un trou, ou dégager une fente, une ouverture pour voir lautre côté.
Cas normal Cas pathologique
Comme vous pouvez le constater, par les méridiens traversent les souffles orthodoxes (zhen qi ), ou défensifs (wei qi ), représentés par les flèches en continue. Plus ils sapprochent à la surface du xue, plus ils convergent, se concentrent en augmentant leur puissance. Pour un sujet en bonne santé, ces souffles arrivés au xue renforcent la protection du toit et ne laissent pas pénétrer les souffles pervers dorigine externe (xie ). En cas de trouble pathologique, la toiture nest plus imperméable, laisse envahir les souffles pervers : ceux-ci pénètrent par lantenne et descendent progressivement (ces souffles pervers sont représentés par les flèches discontinues) et arrivent aux méridiens, aux parties profondes où ils attaquent les organes et entrailles, les articulations, etc
Dans Suwen 35, ce phénomène est illustré de la manière suivante : en cas daffaiblissement du qi (qi xu ), léquilibre étant alors rompu, la protection perdant son efficacité, les souffles pervers peuvent sinfiltrer de façon incontrôlée à travers ces points xue, pénètrent dans les méridiens (Suwen 63, dans cette dernière explication). Or il faut bien retenir que cette protection xue est à la fois discrète et puissante. Discrète parce que se localisant en général dans les creux inter-articulaires ou inter-musculaires et puissante par la concentration des souffles qui cumulent comme nimporte quel flux au rétrécissement dun goulot. Aussi, la puncture, les moxas ou les massages sur lun des points xue peut exercer les effets thérapeutiques par le renforcement des souffles orthodoxes ou défensifs. Ainsi, les souffles pervers ninfluent plus sur lorganisme.
En conclusion, jattirerai votre attention du fait de cette dualité "Discrétion et Puissance" sur la fragilité et la vulnérabilité de ces points xue. Ces derniers risqueraient dêtre endommagés par des actes inadéquats et répétitifs.
2. Fondement du point dacupuncture
Dautres caractères sont employés en médecine chinoise pour désigner les points dacupuncture : shu et yu. Le caractère shu signifie transporter, transférer, offrir, perdre, avoir le dessus . En médecine chinoise, il est souvent mis pour shu (le radical de la chair remplaçant le radical du char) et prend le sens de points de transferts, transpoints avec un sens général : points dacupuncture en tant que lieu de transmission et de reflet des perturbations, et un sens spécifique concernant divers ensembles de points comme les bei shu, les points shu du dos et les wushu, les cinq points shu ou shu antiques des cinq agents (wuxing).
Parfois écrit sans le radical de la chair ou du char il se prononce yu et signifie étymologiquement "creuser dans un tronc darbre, une pirogue". Encore une histoire de creux. Ce caractère signifie oui, daccord, consentir, doù la traduction française ancienne des points shu du dos comme points assentiments. En fait il sagit de points qui transmettent le souffle. On peut aussi remarquer que yu, employé à la place dun autre caractère de même prononciation, signifie en médecine traditionnelle chinoise : guérir, recouvrer la santé.
Le caractère essentiel pour désigner les points dacupuncture reste cependant xue : la caverne. Lécartement de la roche laisse apparaître un vide de la même façon que la séparation du Ciel et de la Terre crée le vide médian où lassaut des souffles manifeste la vie. Il y a une vingtaine dannées dans un article publié dans la Revue française dacupuncture intitulé "Le creux de la tradition", François Beyens faisait remarquer combien lexpression xian zhe zhong "au milieu dun creux" revenait fréquemment dans la localisation des points, en particulier dans le premier ouvrage à en parler, le Zhenjiu jiayi jing. A limage du Ciel/Terre, le vide créé dans le point dacupuncture est le lieu de manifestation de la vie, le lieu des souffles, du qi. Le vide cest aussi ce qui permet léchange, la circulation, la communication et la transformation. Sans vide les choses resteraient figées et ne pourraient ni circuler, ni communiquer, ni évoluer. On comprend dès lors lunité des relations que la tradition chinoise attribue au vide, aux mutations (yi), aux changements (bian) et transformations (hua) et au qi qui en est la manifestation. Cest pourquoi la recherche de la réalité ultime dans le taoïsme est orientée vers le vide (xu) en prenant appui sur le qi.
Reflet particulier de la manifestation du vide créé entre le Ciel/Terre, le point dacupuncture est une image du monde. Cest ce que confirme le symbolisme traditionnel de la caverne. Elle est souvent représentée voûtée pour signifier le Ciel, la Terre étant en bas, lespace entre les deux représentant la vie manifestée. Sur le plan initiatique la caverne est le lieu dune nouvelle naissance, de la seconde connaissance qui est passage dun monde extérieur chaotique à un monde intérieur ordonné. Signalons que le cosmos en grec signifie lordre et que le monde en latin signifie le pur, la purification étant un signe dordonnancement et de clarté, donc de lumière ; La caverne est passage des ténèbres à la lumière ; lieu de germination elle est passage dun état à un autre état. Toute germination se fait dans lobscurité : la graine en terre, lenfant dans lutérus de sa mère, etc de même la mort est un autre passage et dans beaucoup de traditions on enterre les morts dans les tombeaux. En Occident le Christ symbole de lumière est né dans une grotte et ressuscité dans un tombeau, la grotte et le tombeau étant les équivalents de la caverne. Les Empereurs de Chine étaient enfermés dans une grotte souterraine avant de pouvoir sélever au Ciel à lorée de la nouvelle année. Lao zi serait né selon certains textes dans une caverne. Liu Dongbin est "lhôte de la caverne" (Bin signifie "hôte", Dong signifie "caverne, trou, communiquer, ouvrir, pénétrer profondément, comprendre à fond, vide, creux"). La caverne est aussi reliée à lidée de centre en tant que point le plus intérieur et le plus caché, doù le symbole de la caverne du cur ; il sagit de quelque chose de caché et non accessible directement, de très petit, de punctiforme pourrait-on dire, mais contenant potentiellement toutes les virtualités doù surgira "au commencement"(initium) ce qui va naître ; il y réside le principe de lêtre. Cest la jonction, lunion entre luniversel et lindividuel.
Ces considérations succinctes sur la caverne et le point dacupuncture nous amènent à envisager ce dernier dun point de vue beaucoup plus essentiel que celui quon lui accorde généralement. Lieu particulier de la manifestation de la vie et du souffle, il est :
- un lieu vide, source de toutes les potentialités contenues dans ce vide
- un lieu de changement détat, de transformation
- un lieu de germination, de nouvelle naissance
- un lieu central, principiel qui relie lindividuel et luniversel.
Ces caractéristiques expliquent le pouvoir de guérison du point dacupuncture qui, dès quil est sollicité par le massage, laiguille ou le moxa, éveille dans la personne une potentialité et une transformation qui réharmonisent, guérissent (la nouvelle naissance) et replacent lhomme en lui-même et dans les liens quil tisse avec lunivers. Cette constatation ne découle pas seulement de laspect théorique que nous venons de développer, mais aussi de notre pratique où dans de nombreux cas lacupuncture na pas seulement effacé le symptôme, mais apporté une transformation de la personne.
Le plus ancien ouvrage qui nous soit parvenu traitant de façon systématique des points dacupuncture et de leur localisation est le Zhenjiu jiayi jing, écrit au IIIe siècle après J.C.. Ce "Classique ordonné de lacupuncture" reprend de façon thématique le Suwen , le Lingshu et un ouvrage perdu le Mingtang. Il comprend douze livres, le premier étant consacré aux principes et à la physiologie de lacupuncture, le deuxième aux méridiens et le troisième, qui nous intéresse ici, exclusivement aux points dacupuncture. Remarquons encore ici cette 3ème position réservée aux points dacupuncture, le nombre 3 étant celui de la grande triade Ciel/Homme/Terre et celui des souffles (qi).
Les points sont décrits immuablement de la façon suivante :
- son nom ou ses noms
- sa localisation
- ses caractéristiques énergétiques
- son mode de puncture.
Dans cette présentation on retrouve, comme dans la caverne, la grande triade chinoise : le Ciel, lHomme et la Terre. Le nom du point caractérise son essence (le ciel), sa localisation manifeste son enracinement en terre et les caractéristiques énergétiques, indiquent sa modalité danimation, le type des souffles qui sont présents, répondant ainsi à lHomme entre Ciel et Terre. Quant aux méthodes de puncture, elles sont les moyens qui permettent daccéder aux souffles qui se tapissent dans la caverne du point.
Tous ces éléments ne sont pas de simples conventions ou le fruit du hasard, mais répondent à une vision précise de lhomme dont la connaissance permet une approche plus précise des fonctions des points et une perception plus profonde des troubles des patients.
Le nom caractérise lessence du point. Le fait de donner un nom à chaque point, voire plusieurs noms, et non pas un numéro comme nous le faisons en Occident est une façon de lui conférer une identité et par là un esprit, une âme particulière susceptible de nous orienter dans les indications. Cest évident pour les points qui portent certains caractères comme shen (esprit) qui ont tous une action sur le mental, men (porte) qui évoquent un passage etc , mais ce peut être beaucoup moins évident comme pour shi la pierre : dans la mythologie chinoise Yu le Grand est né dune pierre et lon ne sera pas étonné de trouver des symptômes de stérilités dans les points qui portent le nom de shi comme shimen (5 RM), shiguan (18 Rn) ou shigong (nom secondaire de yindu 19 Rn). En chinois la femme stérile se dit shinu. Tous les noms des points revêtent ainsi un nom propre et il nest pas rare dans notre pratique quotidienne de puncturer un point en fonction de la résonance de son nom avec la souffrance dun patient.
Le corps de lhomme nest pas seulement un composé dos, de chair, de souffle et de sang. Il prend aussi une forme (xing) et cette forme est une image symbolique (xiang) du monde et du principe. Cest pourquoi la localisation du point est elle aussi une source intéressante dindication. Les points du corps ayant une résonance céleste seront plus indiqués chez une personne subtile, et les points du bas du corps proches de la terre seront davantage réservés à des personnes plus grossières.
De même les points sur une artère (mai) portent des indications plus dynamiques que les points proches des os qui recèlent davantage de réserve de puissance et de jing. Si lon avance plus dans le détail les points des membres supérieurs gouvernent davantage les troubles de la distribution énergétique dans lespace (comme en témoignent de façon extrêmement claire les points neiguan (6 MC) et waiguan (5 TR), alors que les points des membres inférieurs seront plus en rapport avec un trouble de la dynamique (ce qui est évident par exemple pour les points zhaohai (6 Rn) et shenmai (62 V)
La symbolique peut être plus précise, chaque région du corps ayant une propriété particulière. Cest ainsi que les points de lépaule de nature plus céleste que ceux de la hanche ont aussi une relation avec la responsabilité et la capacité à prendre ses responsabilités. Jian "épaule" signifie étymologiquement "porter la palanche" et par extension porter une responsabilité. Dans les langues européennes nous avons la même expression "porter sur ses épaules" dans le sens de porter une responsabilité. Cest limage dAtlas qui dans la mythologie grecque part, après sa défaite, chargé en montagne et condamné à porter éternellement la voûte écrasante des cieux. On pourrait ainsi multiplier les exemples de façon indéfinie.
En troisième lieu, le Jiayi jing donne la qualification énergétique du point, cest à dire le type du souffle des méridiens qui en surgissent ou sy rencontrent. Pour chaque point il est écrit : " le souffle de tel ou tel méridien (taiyang de main, taiyang de pied, shaoyang ) surgit (fa) ", ou bien " cest un point de rencontre (hui) de tel et tel méridien et, lon voit ici apparaître les méridiens extraordinaires. " Par exemple " le zhongzhu (15 Rn) est souvent un point de rencontre du shaoyin de pied et du chongmai. "
Mais lorsquil sagit de lénergie du seul méridien cest le terme fa qui est employé, caractère dont le sens de surgissement, déploiement, rappelle régulièrement le jaillissement des souffles à lintérieur du Ciel/Terre de la cosmologie chinoise. Ainsi il est écrit pour le zhizheng (7 IG) : " Le souffle du taiyang de main sy déploie. " Chaque point a ainsi une vitalité énergétique propre bien spécifiée pour chacun, ce qui revient à dire que la sollicitation dun point du méridien taiyang de main signifie mobiliser spécifiquement ce type de souffle. On peut se demander ce que lon fait quand on met des aiguilles sur 5 ou 6 méridiens ! De plus, sauf pour les points shu antiques (les wushu) il nest jamais fait mention des organes ou des entrailles.
Le souci de comprendre le mécanisme de fonctionnement des points et de traiter les patients de façon plus étiologique a amené certains dentre nous, et en particulier le Dr Paul Couderc, à établir une relation dans le traitement entre lanimation énergétique dun point et la typologie énergétique du patient. Chaque individu a une résonance énergétique qui prédomine, (taiyang, taiyin, shaoyang, shaoyin, ou bois, feu, etc ) et constitue sa typologie énergétique. Si lon arrive à déterminer quel souffle (qi) prédomine chez un individu, on choisira pour le traiter un point où ce souffle se déploie. Lexpérience montre quen procédant de cette façon les résultats sont plus complets et plus durables pour un nombre de punctures beaucoup plus limité, pouvant aller jusquà un seul point par patient. Le fait que le Jiayi jing éprouve le besoin de spécifier pour chaque point la nature du souffle qui y surgit justifie cette méthode.
Depuis une vingtaine dannées lAssociation française dacupuncture a entrepris une très importante démarche pour comprendre laction des points dacupuncture. Nous avons nous-même écrit en 1988 un article pour proposer une méthode sur létude des points dacupuncture. Cette méthode en dix points sappuie, outre lexpérience clinique, sur des données traditionnelles et non sur les méthodes scientifiques modernes qui, jusquà présent, nont pas apporté de compréhension réelle de lacupuncture, ni de nouveauté thérapeutique plus intéressante que celle des textes classiques.
Ce travail fait prendre à chaque point une "personnalité" et une importance qui imposent en quelque sorte le respect. Le point dacupuncture initiateur dune transformation doit être adapté à celle qui est demandée par le patient pour le guérir. Les traitements par acupuncture proposés par les chinois modernes avec les syndromes vide de rein, feu du foie, cur er rein nont pas déchange etc nous laissent perplexes par la quantité de points employés et par la variation de leurs indications selon les écoles. Ces syndromes que lon ne retrouve dans aucun texte classique dacupuncture semblent tout droit adaptés de la pharmacopée chinoise et, à notre avis, assez peu adaptés à lacupuncture. Noublions pas que celle-ci a été interdite en Chine au palais en 1822 et en tant que médecine traditionnelle a été décriée pendant toute la première partie du XXe siècle, avant dêtre remise à lordre du jour par Mao Zedong sans, bien sûr, la pensée métaphysique qui la sous-tend.
Le point dacupuncture nest pas seulement un pertuis sur un méridien pour faire circuler les souffles comme de leau dans une tuyauterie, mais le lieu même où lon peut permettre à un patient daccéder à sa propre transformation pour guérir et retrouver lharmonie puisque la maladie se définit en médecine chinoise comme une rupture déquilibre, une dysharmonie. Notre expérience nous fait dire que la puncture dun seul point est plus efficace que les nombreuses associations prônées par la médecine chinoise, puncture qui permet à lindividu de regagner sa caverne pour renaître et se transformer.
Pour en arriver là nous combinons un certain nombre déléments diagnostics comprenant la symptomatologie physique et psychique, la localisation des troubles, la nature énergétique de la personne (est-elle taiyin, yangming ? ou bois, métal ), quand on le peut la résonance avec le nom du point et, sur un plan beaucoup plus prosaïque, la texture du point, son aspect en creux étant souvent une bonne indication pour sa puncture. Ayant ainsi envisagé et réuni les trois aspects Ciel-Homme-Terre du patient et du point dacupuncture, il nous reste à utiliser la méthode de puncture préconisée pour permettre la guérison. Cest peut-être là un des secrets de la prévention prônée par la médecine chinoise, car jusquà présent les traitements saisonniers habituels ne nous ont pas convaincus.
Voici quatre observations à titre dexemple :
A) Le sens des responsabilités
Monsieur Jacques J , âgé de 42 ans, vient me voir ce 18 octobre 1993 en se plaignant d"arthrose lombaire". Il souffre en effet depuis le mois davril dune douleur lombaire diffuse irradiant parfois sur les deux côtés près du huantiao (30 VB), avec des douleurs brûlantes sur la face antérieure des deux genoux.
Ces douleurs apparaissent quand il est assis ou quand il reste debout, et saméliorent à la marche. Elles seraient survenues à la suite dun traitement hypo-cholestérolémiant (zocor puis lipanor). Tous ces signes semblent nous orienter vers une note shaoyang surtout si lon ajoute laspect un peu monolithique et peu mobile du personnage. Les douleurs brûlantes des deux genoux évoquent cependant davantage le yangming. Nous restons perplexes et ce dautant que monsieur J ne nous est pas inconnu. Il avait consulté en avril-mai 1988, 5 ans auparavant, pour des rhino-pharyngites qui revenaient tous les hivers depuis lenfance, à raison de 3 à 4 crises par an. Elles se manifestaient au début par des éternuements, une obstruction nasale, puis évoluaient dun écoulement clair antérieur vers un écoulement postérieur composé de crachats verdâtres. Le tout se terminaient par un nez sec avec des croûtes et une aphonie. Linterrogatoire systématique relevait une amygdalectomie et une adénoïdectomie dans lenfance, un kyste synovial au poignet, quelques crises hémorroïdaires, une soif intense, une transpiration abondante des pieds et un intertrigo, entre les 3e, 4e et 5e orteil à gauche, apparu à la suite dune déception sentimentale en 1981, cet intertrigo gagnant parfois la région inguinale. Le traitement avait consisté à faire circuler le taiyin avec le dadu (2 Rt) et le taibai (3 Rt) en raison dune tendance certaine à la rumination et à tonifier la respiration avec kufang (14 E) et tiantu (22 RM). Nous avions ajouté sans succès zhiyin (67 V) à gauche en saignée pour lintertrigo. Trois séances à une semaine dintervalle avaient suffi pour guérir ce patient. Une séance complémentaire avait été faite en octobre 1988 pour prévenir lhiver.
Nous voilà donc perplexes devant ce patient qui nest plus assoiffé, mais reste un célibataire endurci avec son intertrigo des orteils toujours pas guéri. Aussi nous changeons de sujet pour le faire parler de sa vie, de son travail. Il fait les "trois-huit" à la SNCF où il est chargé avec 3 ou 4 collègues de réguler le trafic ferroviaire de toute la région nord de la France jusquà Bruxelles. Visiblement son travail le passionne et il mexplique quil sagit dun boulot très stressant où il a beaucoup de responsabilités. Dailleurs pour pouvoir faire ce travail il faut subir des tests psychotechniques particuliers. Notre homme nous apparaît en effet comme quelquun déquilibré, de tranquille sans inquiétude ou angoisse particulière capable daltérer sa concentration. Lorsquil se déshabille notre attention est attirée par ses épaules qui nous paraissent très tendues et qui sont sensibles à la palpation. Cette tension de la ceinture scapulaire très probablement liée à son travail nous rappelle quen chinois le caractère utilisé pour lépaule jian signifie : "porter la responsabilité de". Un certain nombre de points ont cet idéogramme dans leur nom : jianyu (15 GI), jianjing (21 VB), jianliao (15 TR), jianzhen (9 IG), jianzhongshu (15 IG) et jianwaishu (14 IG). Nous choisissons ce dernier point jianwaishu (14 IG) parce que nous considérons que dans son cas la responsabilité quil porte est relativement extérieure à lui ; waishu signifiant point de lextérieur. Ce point est très sensible au toucher, mais nous hésitons encore car aucune des indications de ce point ne porte "lombalgie". Ce point a une symptomatologie très pauvre : " douleur à lépaule et à lomoplate, bi de lépaule avec sensation de froid glacé jusquau coude, contracture des muscles scapulaires, raideurs douloureuses du cou et de la nuque, rejet de sang par la bouche et remontée du souffle. " Nous nous décidons, malgré tout, à puncturer ce point. Le patient décrit dans la minute qui suite une sensation dair frais et de fraîcheur dans le nez (rappelons nous ses rhino-pharyngites). Sagit-il de lindication "remontée du souffle" ? Cest possible, car à la fin de séance, ce patient décrit une sensation de libération respiratoire et, une fois relevé, ne ressentait plus aucune douleur lombaire. Depuis sept ans nous avons revu ce patient à 4 ou 5 reprises pour des douleurs dorsales, lombaires et même un talalgie qui ont chaque fois disparu après la puncture du jianwaishu (14 IG).
B) Une femme chevaleresque en quête didéal
Mademoiselle Blandine P., âgée de 37 ans, consulte le 22 mars 2000 pour un eczéma des paupières qui dure depuis 2 ans. Les paupières gonflent, deviennent rouges et démangent. Cet eczéma évolue par crises, saggrave à lénervement, se manifeste plutôt le matin et satténue le soir. Il a remplacé un eczéma du majeur de la main droite quelle avait depuis lenfance.
Elle présente par ailleurs de nombreux autres troubles :
- céphalées fronto-occipitales, nuque et haut des épaules douloureux, maxillaire et oreille sensibles à droite, douleur dans les jambes avec lourdeur et gonflement,
- constipation
- syndrome prémenstruel avec des envies de suicide ou de tuer tout le monde, instabilité, ventre gonflé, les règles sont abondantes avec caillots,
- appétit normal mais nausées et vomissements quand elle est énervée. Elle est souvent ballonnée après le repas
- oppression dans la région du tanzhong (17 VC) et à la gorge avec sensation de blocage
- sommeil épouvantable avec réveils fréquents
- sifflements doreille intermittents, caries dentaires, gencives qui saignent, enrouements
- urticaire de temps en temps et rougeur en haut du sternum quand elle sénerve
- Elle a peu soif, est plutôt frileuse, aime le vent, mais ne supporte pas lhumidité - chaleur qui loppresse.
- Elle a été opérée pour un ronflement, dune varice à la jambe droite et sest fait recoller les oreilles par un chirurgien esthétique. Sa mère et son père sont dépressifs. Elle est célibataire sans enfant.
Cette jeune femme blonde, assez mince aux longs cheveux laisse une certaine impression de froideur. Elle se dit insatisfaite, idéaliste. Elle souhaiterait changer les choses. Instable et facilement énervée par les autres, elle préfère vivre seule. Cet aspect réservé, son indépendance, lapparente froideur, sa grande sensibilité à la cruauté, à linjustice et son désir dordre ont évoqué pour nous le taiyin de main. La fonction taiyin est indiquée par laspect réservé, lapparente froideur et lindépendance. Cest le grand yin qui se suffit à lui-même et qui reste en retrait. La sensibilité à la cruauté, à linjustice et le besoin dordre sont à attribuer au poumon qui en tant que premier ministre régule tous les souffles, tous les moteurs danimation et les coordonne. Le pouls plus faible au pied nous confirme cette impression par son aspect tendu et gros au niveau du pouce droit traduisant probablement une non descente du souffle du poumon vers le bas.
Nous nous adressons alors au point xiabai (4 P) en raison de son nom : xia qui représente laspect chevaleresque de cette patiente par son désir de changer les choses vers un monde plus juste et moins cruel, et bai qui apporte la notion de couleur blanche du métal et de lépée, arme du chevalier au service de la justice.
Une seule séance a suffi pour faire disparaître leczéma des paupières et nettement améliorer létat dépressif de cette patiente. Elle sest sentie beaucoup plus calme et tous ses symptômes ont presque disparu..
Nous lavons revue quatre mois plus tard car, bien quallant mieux, le blocage thoracique et pharyngé, lirritabilité et les troubles digestifs avaient tendance à revenir. Quant à leczéma il sétait depuis peu à nouveau fixé sur le médium de la main droite. Une nouvelle puncture du xia bai (4 P) faite il y a un an a, à nouveau, amélioré la situation.
C) Une beauté froide et rigide.
Madame Denise S., âgée de 43 ans, souffre depuis 7 mois dune lombosciatalgie bilatérale qui, après avoir débuté à gauche sest ensuite latéralisée à droite avec une irradiation douloureuse sur taiyang jusquau talon et vers le haut dans la région dorsale et pour finalement se localiser au niveau de D 12 avec des contractures de chaque côté de la vertèbre. Cette vertèbre (D 12) est lieu dattache inférieur dune tige de Harrington qui part de D 2 et qui a été posée à 16 ans pour une scoliose idiopathique prononcée. La douleur est brûlante, comme si elle avait un chalumeau dans le dos et donne la sensation dêtre coupée en deux selon un trajet qui fait penser au daimai.
Deux points douloureux apparaissent dans les fesses quand elle marche longtemps et récemment une douleur lombaire avec sensation de gonflement lavait obligée à rester deux mois au lit.
Cette femme dune beauté froide avec un regard métallique où lon sent une certaine dureté souffre de bronchites fréquentes avec encombrement. Elle est frileuse et naime pas lhumidité qui transperce, ni le vent qui provoque des bronchites. Elle note une tendance à la constipation, des règles douloureuses à type de contraction. Le bas-ventre est gonflé, lappétit médiocre, elle souffre de migraines ophtalmiques, a tendance à la cyphose et la main gauche est souvent fourmillante et endormie. Elle a quelques fois des palpitations, se réveille la nuit à 3 h du matin et fait des rêves prémonitoires. La vision de lil droit est affaiblie (ce serait familial) mais, chose curieuse, elle dit que si elle ne voit pas bien, elle nentend pas bien. Elle a besoin de voir pour percevoir les choses ce qui indique une prédominance nette de la vue sur les autres sens. Elle a soif mais ne boit pas, elle a quelques petits problèmes de peau (eczéma de laile du nez, verrues aux mains et aux pieds).
Elle est laînée de 3 enfants. Sa mère a eu un cancer du sein, son père un infarctus à 39 ans et une grand-mère était gibbeuse. Elle na pas denfant et serait stérile.
Elle se décrit comme émotive, sensible (elle présente un érythème pudique), elle dit avoir peu confiance en elle, avoir besoin de protection et des difficultés à sopposer et à dire non. Depuis quune armoire lui est tombée dessus à lâge de 18 ans, elle a peur de la mort.
Cette description contraste pourtant avec son regard métallique et elle avoue que depuis 3 ans elle a des envies de tuer une voisine ; cest à cette époque quavait débuté la douleur lombaire. Elle éprouve le besoin de solitude et ne supporte pas quon lui touche le dos ce qui est pour nous un signe de plénitude dorsale avec blocage du souffle du dumai.
Le pouls est tendu, long, superficiel, à peine perçu au pied gauche.
Nous interprétons les troubles de cette patiente comme étant un blocage du souffle du dumai . Le dumai est ici évoqué facilement car les signes physiques et les signes psychiques auraient pu être trompeurs si nous navions pas décelé derrière lémotivité et le manque de confiance de cette patiente une intransigeance, une sécheresse et une dureté intérieure confirmées par les sentiments violents quelle exprime. Nous situons le blocage du souffle du dumai au niveau de la 3ème vertèbre dorsale en raison des bronchites, du caractère métallique du regard et de lenvie de tuer, symptôme propre au shenzhu 12 DM, qui, pour nous, étant situé au niveau des points feishu (13 V) et pohu (42 V) a une connotation pulmonaire. Shen zhu, la colonne du corps, peut aussi être évoqué en raison de son nom puisque nous avons à faire à une cyphoscoliose.
Voilà 3 ans que nous voyons régulièrement cette patiente. La puncture du 12 DM profonde (3 cun environ) provoque dans linstant la sensation dun liquide qui sécoule du point de puncture le long de la colonne vertébrale. Des problèmes de couple nous ont amené à la voir plus souvent que prévu (une fois par mois) en raison du retentissement dorsal des conflits psychologiques. Dautres points ont été envisagés : daimai (26 VB) pour la sensation dêtre coupée en deux au niveau de la taille, zhongfu (1 P), taiyuan (9 P) pour la note poumon, laogong (8 MC) pour les fourmillements de main. Aucun de ces points na apporté de résultats satisfaisants sur ses troubles, seul shenzhu (12 DM) apporte une sédation physique et psychique durable. Cette patiente na par ailleurs plus fait de bronchite depuis 3 ans.
D) Agréable, dynamique mais tendue.
Madame Jacqueline S., âgée de 70 ans, vient consulter pour des extrasystoles ventriculaires survenues dans le cadre dune insuffisance mitrale et aortique minime. Elle hésite à prendre le traitement par bêtabloquant que son cardiologue lui a prescrit.
Cette patiente, mère de 4 enfants, na pas eu de gros problèmes de santé au cours de sa vie. Elle suit actuellement un traitement hypolipidique (Lipanthyl) pour un cholestérol élevé et elle souffre de douleurs dorsales hautes et basses qui apparaissent surtout quand elle est assise. Ces douleurs proviennent dune scoliose connue. Dans les antécédents familiaux, son père est décédé dune cirrhose non alcoolique et sa mère de problèmes thyroïdiens. Fatiguée depuis un déménagement récent, elle est actuellement très gênée par ses extrasystoles qui saccompagnent de troubles psychiques et musculaires : elle a des bouffées de chaleur avec transpiration surtout la nuit, des angoisses à lidée quelle pourrait être malade, ce qui lui provoque des douleurs thoraciques ; elle souffre dappréhensions (peur de perdre un enfant par noyade par exemple), avec des sensations de battements au cur. Elle est claustrophobe. Elle dort bien, mais la vie onirique est intense avec parfois des cauchemars.
Le pouls est rapide avec extrasystoles, tendu au pouce et plus faible au pied surtout du côté gauche.
Cette patiente de corpulence fine, émotive, timide, remplie dappréhensions, mais par ailleurs active et assez dynamique, évoque une résonance jueyin et plus particulièrement shou jueyin, maître du cur, ce que confirme la pathologie vasculaire. La claustrophobie, la timidité, la tension, lappréhension traduisent cette difficulté du yin à aller vers le yang et à céder sa prééminence.
Nous nous sommes adressé au seul point jianshi (5 MC) jian : lintervalle, shi : lémissaire qui en trois séances réparties sur 6 semaines a fait disparaître la plupart des symptômes. En raison dune petite rechute un an plus tard, cette patiente est revenue au printemps pour une séance complémentaire avec le même point. Elle avait entre temps arrêté le Lipanthyl et le cholestérol semblait sêtre stabilisé. Nous navons pas revu cette patiente depuis 6 mois, mais savons par son fils quelle va bien.
3. Tradition et modernité, pas de séparation ou " Sommes-nous daccord sur ce point ? "
Tradition et Modernité, pas de séparation
Ou
" Sommes-nous daccord sur ce point ? "
Si nous envisageons Tradition et Modernité dans un rapport yin-yang, il ne peut y avoir séparation.
Nous exerçons une médecine traditionnelle, et il nous est demandé den démontrer lefficacité, cest ce quon peut appeler modernité (médecine basée sur les preuves).
Démontrer lefficacité cest :
La " médecine basée sur les preuves " nest quun outil conçu pour aider le médecin à choisir la conduite thérapeutique la plus adaptée à son patient " La médecine basée sur les preuves est lutilisation consciente, explicite et judicieuse des meilleures preuves actuelles dans la prise en charge personnalisée des patients. " Lobjectif est tout à fait défendable.
Mais savons-nous vraiment ce que nous faisons, en piquant un point ? Dailleurs quel est ce point ?
Prenons lexemple de VE 6, chengguan.
Dans les traités, les points de la tête sont localisés les uns par rapports aux autres.
Si je me réfère au Jiayijing : VE 6, chengguan est localisé à partir de la racine antérieure des cheveux, à 2 distances en arrière de VE 5, wushu, qui est à la même hauteur que VG 23, shangxing, donc à 1 distance de la racine des cheveux. Il est donc situé à 3 distances de la racine des cheveux.
Dans Nguyen Van Nghi : on le trouve à 1,5 distance en arrière de VE 5, wushu, qui est également localisé au même niveau que VG 23, shangxing lui même décrit à 1 distance de la racine des cheveux. Ce qui situe VE 6, chengguan à 2,5 distances de la racine des cheveux.
Dans Pékin : VE 6, chengguan est à 1,5 distance de VE 5, wushu, lui même situé à 0,5 distance de VE 4, quhai qui est situé à 0,5 distance de la limite des cheveux. Ce qui situe VE 6, chengguan, à 2,5 distance de la limite des cheveux.
Il y a une différence dune demi-distance seulement, et il est vrai que nous devons tenir compte de la palpation subjective du point. Cette palpation devrait nous permettre de décider entre les différents ouvrages. Mais le risque derreur de localisation persiste.
Mon propos nest pas de remettre en question la valeur des traités cités, mais de réfléchir à ce que cela signifie.
Si la différence est faible, elle devient importante quant à sa signification lorsquon veut évaluer le traitement. Quil y ait efficacité ou non du traitement appliqué, que nous nous placions dans le cadre dune évaluation expérimentale ou dans le cadre de la recherche clinique, nous devons nous pencher sur ces problèmes de localisation.
Bien sûr nous pourrions utiliser des détecteurs électriques, mais ceux-ci permettent la localisation dun point mais nen permettent pas lidentification.
Bien sûr, il y a une nomenclature officielle, mais en cas localisation différente, pouvons nous attendre la même efficacité thérapeutique ?
Quels arguments vais-je utiliser pour choisir une localisation plus que lautre ?
Je regrette de ne pas pouvoir apporter de réponse et je crois fermement quil nous faut réfléchir et travailler les localisations des points si nous ne voulons pas de séparation entre tradition et modernité.
Je remercie nos organisateurs davoir choisi ce thème.
Bibliographie :
Jiayijing III-1, Rev. Fr. dAcup. 52, 53-65, 1987.
Nguyen Van Nghi, Art et Pratique de lAcupuncture et de la Moxibustion, Editions N.V.N.
Précis dacupuncture chinoise, Académie de médecine traditionnelle chinoise, Edition en langue étrangère, Pékin.
Trista Greenhalgh, Savoir lire un article médical pour mieux décider, Editions Rand.
Dr Florence Phan-Choffrut,
Parc Victor Hugo, 2 passage privé, 93500 PANTIN
Fax : +33 1 48 45 55 43 -Mél : choffrut-phan@wanadoo.fr
